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Un jardin japonais dans la région lyonnaise

Du paysagiste Olivier Geslin -Abondance Ô jardins
Un jardin japonais dans la région lyonnaise

Olivier Geslin vous présente le jardin japonais qu'il a réalisé pour une famille devenue passionnée par la culture du pays. Ce paysagiste consultant est spécialisé dans les jardins japonais traditionnels. Voici les réflexions et étapes par lesquelles il est passé pour concevoir et réaliser ce petit jardin qui vous transporte au pays du Soleil Levant.

Mes clients possèdent un petit jardin clos et souhaitent un jardin japonais traditionnel. En effet, leur fils a épousé une japonaise et ils sont tombés amoureux de cette culture et de ses jardins par la même occasion.
Ce sera donc un jardin japonais traditionnel et rien d’autre.

L'état des lieux

Après consultation des différents sites internet de paysagistes spécialisés, ce sont nos réalisations qui retiennent l’œil avisé de leur belle-fille, celles qui lui semblent les plus probantes. Ainsi commence notre relation.
Après visite sur place, je constate plusieurs points positifs pour l’installation d’un jardin japonais. Le jardin est orienté Nord-Est, il est pratiquement toujours ombré et le sol retient l’humidité. Le jardin peut être vu de nombreux points de la maison et une baie vitrée offre la vue principale à la cuisine. Un point d’eau et une prise électrique extérieurs sont présents pour l’intégration d’un système d’arrosage automatique et d’un éclairage.

Le choix du dessin du jardin et des plantes

Après présentation des différents types de jardins japonais à mes clients, le choix d’un jardin de thé avec bassin à ablutions (tsukubai) est retenu. Un jardin aux lignes plutôt naturelles. Eu égard aux caractéristiques du terrain, on opte pour la plantation d’érables japonais, d’azalées, et d’un couvert végétal à base de mousse Polytrichum elegans (sugi koke en japonais).

Le début du chantier

La conception réalisée, les plans et le devis sont validés, le chantier commence.

Le tsukubai sera l’élément principal du décor, celui qui doit attirer l’œil et vers lequel toutes les énergies doivent converger. Il est placé de manière à être vu de toutes les fenêtres donnant sur le jardin.

L'occultation

Le grillage en limite séparatrice à gauche sera remplacé par une paroi traditionnelle de type Misu Gaki en bambou dont l’orthogonalité révèlera les courbes naturelles du jardin. Pour éviter qu’elle ne soit trop massive, j’opte pour une variante en créant une ouverture dans le haut, afin de laisser transparaître le feuillage vert et persistant de la haie de lauriers des voisins.
La paroi est intégralement construite sur place. Petite contrainte technique, l’évacuation des gouttières doit être déviée afin de sceller les poteaux soutenant la palissade. On en profite pour passer les réseaux d’arrosage automatique.

Le mur de droite sera occulté par une palissade basse en brandes de bruyère et bambou, inspirée des shiba gaki traditionnelles.

Le minéral

Puis, viennent la mise en relief et l’enrochement afin de donner de la vie à ce terrain tout plat. Les rochers sont placés par groupe impair, 5 en l’occurrence, et de manière à composer des triangles scalènes aussi bien sur un plan horizontal que vertical. Cette disposition est une des règles fondamentales de l’enrochement qui donne naturel et esthétique à l’ouvrage.
La pierre principale sera dressée derrière le tsukubai afin de focaliser l’attention sur cette zone. Les arêtes de toutes les autres pierres seront orientées vers le sommet de ce rocher.

A noter : nous avons opté pour un basalte bleu-gris de la région (Beaujolais) qui vire au noir lorsqu’il est mouillé. Une roche volcanique, comme au Japon. Les pierres beiges jouxtant le bassin ont pour fonction de recevoir un seau d’eau d’une part et une bougie d’autre part, lors des cérémonies du thé.

Le végétal

Viennent ensuite les plantations d’arbres, suivant les mêmes règles d’emplacement que les roches. Un nombre impair, des triangles… Les hauteurs sont étagées.
L’arbre principal se trouvera aussi derrière le tsukubai, lui servant d’écrin et de protection, en ployant au-dessus. Un arbre déjà imposant et dépassant la hauteur de la baie vitrée est planté au premier plan afin de créer un effet de profondeur.

La circulation dans le jardin

Viennent ensuite la réalisation des circulations. Un pas japonais (tobi ishi) est traditionnellement utilisé pour se rendre au bassin d’ablution. Pour renforcer la focalisation sur le tsukubai et personnaliser ce jardin, j’intègre une allée en dallage qui traverse le jardin en diagonale vers le tsukubai.

Les derniers aménagements

Puis viennent la création d’une petite terrasse en bois sur le perron de la cuisine pour contempler la scène, la création de 2 petites yotsume gaki (des parois basses en bambous) pour compartimenter le jardin et lui donner profondeur et simplicité, la plantation des azalées, andromèdes, nandina, carex, fougères et le plaquage de la mousse. L’épandage des graviers autour du pas japonais. Et voilà le travail !

Les finitions

Une lanterne japonaise, importée spécialement de Kyoto, arrivera 2 mois plus tard.
Si la teinte des graviers initiaux avait un intérêt avec les couleurs automnales de la végétation, mes clients préfèreront au final un gravier plus sobre.Par ailleurs, quelques améliorations seront apportées au jardin suite à des recommandations d’un confrère et ami japonais.

Depuis, les enfants de mes clients ont eu une petite fille qui découvre une partie de la culture de sa maman japonaise au travers du jardin de ses grands-parents français. Une belle histoire, ce jardin.

Crédit photographique : Olivier GESLIN

Olivier Geslin
Paysagiste consultant, spécialiste des jardins japonais traditionnels
Abondance ô jardins SARL
29, Route de St Chéron
27120 Villégats
Tél/fax : 02 32 36 08 31
Site internet : www.abondance-jardins.com
E-mail : contact@abondance-jardins.com