Attirer sur son terrain les insectes et autres animaux contribue à recréer un équilibre, ce qui permet bien souvent de se passer des produits chimiques grâce à ces nouveaux auxiliaires. Vous profiterez en outre de l'observation passionnante d'une faune attrayante, attachante et vivante au fil des mois.

Des plantations bien orchestrées

Pour ce faire, il convient tout d'abord de ne pas opter pour un jardin trop léché, trop peaufiné et de préférer un style plus campagnard et naturel.
C'est fou ce qu'un simple trou d'eau, par exemple, peut attirer comme oiseaux et petits mammifères sans compter les crapauds, grenouilles et autres batraciens ou parfois (suprême bonheur) les splendides libellules. Dans un petit plan d'eau, vous installerez aussi quelques poissons qui fraieront volontiers parmi la verdure de plantes aquatiques luxuriante.

De même, un recoin laissé à l'état presque sauvage favorisera la présence de "mauvaises herbes" comme les orties, source de nourriture des larves de plusieurs insectes utiles. Un simple tas de bois maintenu à l'écart devient le gîte préféré du hérisson et des d'insectes en hibernation alors que les vieux murets de pierre sèche en plein soleil sont appréciés des lézards indolents et des troglodytes, ces petits oiseaux croquignolets.

La verveine de Buenos-Aires attire les pollinisateurs

De même, dans les massifs, les plantes nectarifères et mellifères attireront, à n'en point douter, les papillons et autres insectes butineurs. Je pense en particulier aux lavandes, aux buddleias (le fameux arbre aux papillons), à la verveine de Buenos-Aires (Verbena bonariensis), aux sédums, aux eupatoires...

Évitez de planter des fleurs trop travaillées par les horticulteurs et devenues stériles ainsi que les fleurs doubles en général. Dans le même esprit, un petit bout de prairie sera bien évidemment plus riche et fourmillant de vie qu'un gazon tiré à quatre épingles.

En maintenant ou en créant des biotopes différents, vous attirerez autant d'animaux, d'insectes différents : talus sec, coin ombragé, couvert d'un bosquet, rocaille, jardin d'eau...

Les écureuils aiment les graines tout comme les oiseaux

Multipliez aussi les refuges en encourageant les plantes grimpantes ainsi que les couvre sol qui permettent l'installation et le déplacement tranquille, caché, des petites mammifères ou des oiseaux.

Dans les massifs, ne procédez pas en automne à des nettoyages systématiques mais laissez plutôt mûrir les graines, les ombelles, les infrutescences appréciées par les oiseaux. Je laisse pour ma part toujours quelques pieds sauvages de cabaret des oiseaux (Dipsacus) à leur disposition dans un coin du jardin. Mais les oiseaux adorent aussi les graines des soleils ou tournesols (les écureuils aussi). Les asters, scabieuses, aigremoines et nombre d'ombellifères seront bien vite chapardés.

Des haies accueillantes

Un des milieux les plus riches en vie animale du jardin est constitué par les haies qui, généralement, l'entourent. Des essences variées et naturelles seront privilégiées pour offrir gîte et couvert à une faune des plus variées.

Planter une haie pour les oiseaux

En cela, les plantes à abondante fructification seront précieuses, telles que les sorbiers des oiseaux bien évidemment mais aussi les superbes amélanchiers (fleurs et couleurs d'automne en prime), les nombreuses aubépines, les troènes, les cotonéasters, les pyracanthas, les houx sans oublier les pommiers d'ornement.

Les essences à feuilles caduques, ou mieux marcescentes, accueillent généralement plus d'habitants que celles constituées de conifères. Si vous devez les tailler, pensez à attendre que les couvaisons soient terminées et les jeunes déjà envolés.

Sur les arbres, disposez des nichoirs selon les règles d'usage en fonction des oiseaux visés : hauteur du sol, exposition, vent dominant... Renseignez-vous auprès de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). Attirez-les et à l'aide de mangeoires régulièrement approvisionnées et disposées loin de portée des chats espiègles et des écureuils chapardeurs.

Philippe Ferret