Dossier

Depuis plusieurs années, les plantes vivaces sont devenues la coqueluche des jardiniers parmi toutes les plantes proposées dans le commerce.

Sous ce terme assez vague au premier abord, vous trouverez des plantes qui, par définition, ne sont pas ligneuses (elles ne forment pas de bois comme les arbres ou les arbustes) et qui durent plusieurs années, contrairement aux plantes saisonnières de nos massifs de printemps (myosotis, pâquerette...) ou d'été (impatience, pétunias...). Les plus connues sont les delphiniums, les lupins, les oeillets, les pivoines herbacées, les iris des jardins ou encore les pavots d'Orient.

Les coréopsis se développent en quelques mois ! © Philippe Ferret

Il y a vivace et vivace

Toutefois, il ne faut pas se méprendre. Qui dit vivace ne veut pas obligatoirement parler de plante rustique (encore un terme galvaudé ne signifiant pas "de la campagne" mais bien plutôt résistant au froid). Une vivace rustique dans le Sud ou en bord de mer peut en effet geler de peur plus au nord. Tel est le cas de nombreuses plantes dites semi-rustiques qui font fureur en potées ou jardinières pour nos décors d'été (Argyranthemum, Osteospermum et consorts...).
De même certains pensent qu'une plante vivace montre obligatoirement une croissance rapide. Comme dans toute grande population d'individus, la diversité biologique est non négligeable.
On trouve en effet des vivaces capables de se développer pleinement en quelques mois comme les coréopsis ou les gaillardes tandis que d'autres, plus pantouflardes demandent quelques années pour atteindre leur pleine maturité. Tel est le cas par exemple des splendides hostas ou des rodgersias au sublime feuillage.

Question longévité, pas de règle stricte non plus. Si des touffes de pivoines herbacées atteignent un âge vénérable (on en connaît des centenaires) sans pour autant s'arrêter de fleurir, des merveilles comme certains pavots bleus de l'Himalaya (Meconopsis betonicifolia) demandent généralement plus d'une année de culture pour fleurir (ce sont donc bien des vivaces) mais elles meurent à la suite de leur première et dernière floraison. Elles sont dites monocarpiques. Dans ce cas, le fait de supprimer la fleur fanée avant qu'elle ne prépare ses graines suffit parfois à rendre la souche plus durable.

Gunnera manicata

Certaines plantes sont qualifiées à tord de plantes vivaces, mais sans réel inconvénient pour le jardinier. Ce sont celles qui ne durent guère mais qui se ressèment en abondance au point que l'on croit, par cette végétation continue, que les pieds durent de nombreuses années. Il en est ainsi des bouillons blancs ou molènes (Verbascum sp.) aux grands cierges fleuris ou encore de quelques digitales.

De tout un peu

Dans la catégorie des plantes vivaces, vous trouverez aussi bien des plantes microscopiques comme l'Helxine, ce parfait couvre-sol pour l'ombre et des géantes comme l'imposant Gunnera du Chili aux feuilles de plus d'un mètre de diamètre. Le macleaya, ce curieux cousin des pavots, porte quant à lui ses fleurs à plus de deux mètres de hauteur.
Certaines plantes-bijou pour la rocaille à l'instar de certains saxifrages forment des touffes d'à peine 10 cm de large alors que des perfides persicaires (Polygonum sp.) sont capables d'envahir sans coup férir tout un coin de jardin.

Laissez-moi vous confier le secret pour que vous trouviez parmi toutes les vivaces celles qui vous rendront les plus grands services : apprenez à les connaître. Ainsi, nul doute que vous les aimiez et que vous saurez mettre à profit leurs qualités mais aussi leurs défauts. La plupart sont de culture facile et les plus pugnaces seront employées comme de précieux auxiliaires afin de garnir des coins jusqu'à présent déshérités du jardin (des talus en forte pente, le couvert d'arbustes dense, l'ombre d'un mur au sec, une terre marécageuse). Vous trouverez ainsi, et pour plagier un précepte, au moins une plante vivace pour chaque endroit et un endroit pour chaque plante vivace.

Philippe Ferret

J'aime !