Sur les traces de paysagistes novateurs tels que Piet Oudolf, Gilles Clément, Christopher Bradley-Hole ou …un nouveau concept de jardins foisonnants et écologiques envahit progressivement l'Europe.

En France, le Jardin Plume créé près de Rouen par Sylvie et Patrick Quibel est un exemple magistral de cette nouvelle approche si séduisante pour le jardinier contemporain. Comment, en effet, résister à la vigueur de ces vivaces sans souci, aussi opulentes que gratifiantes, offrant fleurs et/ou feuillages, mais aussi également textures et graphismes. Les graminées sont ainsi reines de ces plates-bandes où elles apportent vie par leur souplesse et naturel par leur allure. Les autres vivaces sont bien rustiques et opulentes comme les eupatoires ou encore les hélianthes (soleils vivaces). Nul besoin de tuteurages ni de traitements phytosanitaire… elles sont choisies pour leur durabilité et leur facilité de culture.

Une véritable niche écologique

Plantées en compressions végétales, en plein air et majoritairement en plein soleil, elles forment une végétation biodiversifiée prisée par les hôtes utiles du jardinier, oiseaux, insectes… en leur offrant le gîte et le couvert. Charge pour eux de nous débarrasser des parasites. Afin de favoriser ces populations alliées, il convient donc de laisser sécher sur place la végétation afin de les laisser hiberner tranquillement et de leur offrir de quoi se sustenter dans les débris et par les graines restées sur place (chardonneret sur échinacéas) . L'hiver, le jardin n'est donc plus une vaste et morne étendue, mais se pare des chaumes blonds des graminées, des silhouettes sombres de soleils et eupatoires, des inflorescences passées des grands sedums. Les variations visuelles de la nature sont à nouveau respectées.
D'autre part, ces plantes "sauvageonnes " non dopées artificiellement souffrent rarement de maladies, à moins qu'elles ne soient plantées trop serrées, le confinement entraînant des moisissures : oïdium et Co.

Un jardin sauvage au Festival de Chaumont sur Loire

L'entretien

Il est, de fait, réduit. Il consiste, une fois le gros de l'hiver passé, à couper et broyer (ou couper au sécateur) la végétation restante pour la disposer en litière au pied des plantes. Ce paillis naturel permet de limiter la prolifération des mauvaises herbes et des semis naturels, d'enrichir à long terme le sol sans excès et de maintenir une fraîcheur minimale en été.
En climat chaud et sec, l'option "jardin sur gravier" reprend peu ou prou ces principes.

D'aucuns reprocheront toutefois à ces plantations de s'exprimer pleinement tard en saison, à partir de juin généralement. C'est sans compter l'apport de plantes bulbeuses printanières à naturaliser parmi les touffes établies. Tulipes sauvages et botaniques, narcisses, camassias, ails d'ornement et une foule de petits bulbes joueront parfaitement ce rôle de vedettes américaines.

Un jardin sauvage au Festival de Chaumont sur Loire

Quelles plantes adopter ?

La gamme des plantes adaptées est fort large, allant des plantes indigènes non envahissantes comme la salicaire à des espèces exotiques (mais rustiques comme les Nord-Américaines telles que les liatris ou le gillénia) ou bien des variétés horticoles éprouvées (heuchères, coréopsis, tiarellas…). En cela, l'apport de la flore nord-américaine est non négligeable avec moult échinacéas, hélianthus, rudbeckias… sans compter les plantes asiatiques (anémones du Japon) ou d'Europe centrale telles que le Perovskia. Avec un apport minéral, ces plantations prennent parfois l'aspect d'une steppe fleurie que peuvent émailler par exemple les hauts cierges colorés des érémurus, le brouillard doré des Stipa gigantea. Notez que nombre de ces plantes atteignent 2 m et plus et assurent un spectacle de fleurs jusqu'en hiver avec, notamment les innombrables asters, les chrysanthèmes d'automne ou l'Aconit arendsii.