Soyez "écologiquement correct" : adoptez l'"organic attitude"

Vous en avez assez d'employer les produits chimiques pour vaincre maladies, parasites et mauvaises herbes… Vous souhaitez apprécier des récoltes de fruits et légumes goûteux et exempts de pesticides, en un mot il vous plairait de vivre votre passion du jardinage plus harmonieusement et en synergie avec la nature. Qu'à cela ne tienne, voici 10 conseils pour aborder le jardinage sous un autre angle.

1- Prenez soin de la terre. Nul besoin de chambouler le sol par des bêchages profonds. Adoptez des outils (type Grelinette puis, plus en surface, un cultivateur à griffe) qui travaillent en profondeur sans pour autant mélanger les strates et donc qui ne perturbent pas la microfaune ou la microflore. Incorporez régulièrement de la matière organique en surface. Evitez aussi d'employer des engrais chimique à effet rapide mais plutôt des formules organiques composées. Aérez souvent la surface du sol par des pratiques culturales répétées, sarclages et binages qui de plus contrecarrent les mauvaises herbes. Le sol respirera mieux et vous faciliterez ainsi la pénétration des racines comme l'action bénéfique des vers de terre qui travaillent pour vous.

2- Ne gaspillez pas la matière organique à votre disposition. Compostez systématiquement les déchets verts sains (coupes de gazon, déchets de cuisines…) et broyez les produits de taille avant de les incorporer au tas. En quelques mois vous obtiendrez gratuitement un véritable "or vert" (voir notre dossier)

3- Choisissez des plantes adaptées à votre sol, à votre jardin. Ne succombez pas trop facilement aux achats d'impulsion. Gare aux plantes dont les exigences spécifiques ne pourraient être aisément comblées: plantes acidophiles en terre calcaire, calcicoles en sol acide, végétaux exotiques peu rustiques, plantes de terre fraîche en sol sec, d'ombre en plein soleil…

4- Prenez soin de vos plantes au quotidien. Des plantes saines sont beaucoup moins sujettes aux attaques de maladies ou de parasites. Fertilisez et arrosez en conséquence. Ne les fatiguez pas par la production de graines inutiles. Taillez sitôt la floraison terminée. Si une plante est installée au bon endroit, l'arrosage sera limité à la période de reprise après mise en place.

5- Favorisez la biodiversisté, mais contrôlez le foisonnement. En disposant les plantes par tout petits groupes seulement ou en mélange d'espèces et de variétés, vous éviterez la prolifération incontrôlable de maladies et parasites. Vous favoriserez par la même l'installation d'une faune et microfaune utile pour vous débarrasser des indésirables. Pour autant, ne plantez pas trop dense car les maladies et parasites apprécient le plus souvent les atmosphères confinées pour se développer. Les tailles d'aération des rosiers et arbustes sont en cela indispensables.

6- Faites souvent une inspection du jardin. Vous décèlerez alors à temps le moindre début d'infection. Un simple pincement ou la suppression des parties endommagées arrêtera bien souvent le processus néfaste, au besoin un coup de jet d’eau puissant éliminera les pucerons. Ne "dégainez" pas la grosse artillerie à la moindre alerte et laissez à la faune alliée le temps de se charger d’une attaque de chenille par exemple.

7- Luttez efficacement contre les prédateurs. Agissez préventivement: Employez des pièges à phéromones (surtout sur les arbres fruitiers) pour mesurer les populations de nuisibles. Installez contres les gastéropodes des pièges à bière ou des protections (cercle de sciure autour des hostas, fil de cuivre autour des pots…). Plantez des plantes - pièges qui attirent les insectes loin des cultures : ainsi les capucines ou la sariette piègent les pucerons ou encore des plantes répulsives (œillets d'Inde ou basilic entre les pieds de tomates contre les nématodes). Dans le cas d'une invasion dépassant le seuil de nuisibilité, employez des contre - attaques écologiques: utilisation de prédateurs biologiques comme les coccinelles contre les pucerons, le Bacillus thuringiensis contre les chenilles… Employez des remèdes naturels comme le savon de Marseille dilué ou le purin d'ortie, le pyrêthre.

8- Luttez efficacement contre les maladies. Commencez par choisir des variétés réputées résistantes aux maladies (rosiers, tomates, salades…). Portez votre choix par exemple sur des fraisiers multipliés à partir de souches certifiés indemnes de virus. Nettoyez régulièrement récipients (pots de plastique ou de terre cuite réutilisés) et outils. Dans ce dernier cas, nettoyez régulièrement les lames de votre sécateur à l'alcool pour éviter de véhiculer les maladies d'un pied à l'autre. L'été, arrosez au pied des plantes et non sur les feuilles, ce qui pourrait favoriser l'apparition des maladies et opérez de préférence le matin de sorte que le feuillage ne reste pas longtemps humide. Dans le cas d’une attaque, privilégiez le recours au soufre ou à la bouillie bordelaise.

9- Luttez efficacement contre les mauvaises herbes. Au lieu d'employer des désherbants chimiques, optez pour le désherbage à l'eau chaude ou bien les méthodes de désherbage thermique. Ne laissez surtout pas les mauvaises herbes monter à graine et se ressemer alentour (vieil adage : un an de graines, sept ans de binages). Binez, travaillez souvent le sol. C'est une opération rapide lorsque vous la pratiquez souvent. Extirpez manuellement les adventives à grosses feuilles se développant dans la pelouse. Aidez-vous, au besoin, d'une gouge pour nettoyer la pelouse. Lorsque la terre des massifs est propre et fraîche, épandez sans plus attendre un paillis protecteur d'écore de pin, de Mulcao, de paillette de lin, de gravillons, de sable, de terreau… Ne laissez jamais longtemps une parcelle nue. Au besoin, semez un engrais vert pour occuper judicieusement le terrain.

10- Favorisez la vie sauvage pour maintenir un écosystème bénéfique. Plantez des haies de feuillus au lieu de conifères, moins accueillants pour les nids. Nourrissez les oiseaux en hiver. Gardez également un recoin sauvage pour favoriser l'installation d'un hérisson (tas de bois) gourmand en limaces ou escargots. Offrez ainsi le gîte aux papillons ou aux insectes bénéfiques.

Philippe Ferret