Groseillier

Savoir reconnaître des maladies au verger : oïdium, cèphe, maladie des pochettes

SNHF
Au verger, il est fréquent de rencontrer des insectes et des champignons indésirables sur les poiriers, pruniers et groseilliers. Grâce aux conseils de Daniel Lejeune, administrateur à la SNHF, apprenez à identifier les nuisibles et à vous en débarrasser.

Le cèphe du poirier - photo SNHF

Le cèphe du poirier

Qu'est-ce que c'est?
Le Cèphe du poirier est un insecte de l'ordre des Hyménoptères (Janus compressus, Céphidés). Comme les guêpes ou les abeilles, il est muni de 2 ailes membraneuses.
L'attaque
La femelle pond un œuf dans une très jeune pousse de poirier, à laquelle elle laisse le soin de nourrir sa progéniture jusqu'au printemps suivant. Pour être sûre que la sève servira bien à alimenter la larve, la femelle Cèphe opère une dévitalisation de la partie du jeune rameau située au-dessus de l'œuf. Pour cela, elle pique avec sa tarière ce dernier en spirale, ce qui se voit très bien sur l'une des photos. Le résultat est un flétrissement rapide suivi d'un dessèchement "en drapeau".
Pas si grave
Rassurons-nous, ce dégât, s'il n'est pas rare, n'est que de peu d'importance dans la vie de l'arbre et dans sa production fruitière.
L'insecte mérite de sortir une bonne loupe, mais pas un pulvérisateur !

La maladie des pochettes - photo D. Lejeune

La maladie des pochettes

Qu'est-ce que c'est?
Taphrina pruni (Ascomycètes exoascales, famille des Taphrinacées). Il s'agit d'une affection du prunier due à un champignon voisin de l'agent de la cloque du pêcher (Taphrina deformans).
L'attaque
C'est la "maladie des pochettes" ainsi appelée parce qu'à la place des petites prunes, apparaissent des excroissances allongées, dépourvues de noyaux et à l'intérieur desquelles fructifie le champignon microscopique qui a attaqué les pistils floraux, prenant en quelque sorte la place du pollen.
Les attaques sont souvent massives et annulent l'essentiel de la récolte.

Comment s'en débarrasser ?
La lutte consiste à appliquer de la bouillie bordelaise ou autres formulations cupriques au démarrage de la végétation, tout comme pour la cloque du pêcher.

L'oïdium du pêcher -  photo D. Lejeune

L'oïdium du groseillier

Qu'est-ce que c'est?
Il arrive : c'est le moment de s'en préoccuper sérieusement !
Le groseillier à maquereaux est un vieil habitué des jardins. Ses
baies ont d'abord été employées pour accommoder les maquereaux à la façon du verjus. Aujourd'hui, ce serait plutôt vers la consommation fraîche, en gelées ou en confitures que le consommateur se tournerait ! Les variétés actuelles, à gros fruits mûrissant en juillet et août, offrent une diversité de couleurs attirantes et justifient la présence de cette espèce en bonne place dans nos jardins. Si nous ajoutons que les pépiniéristes et jardineries nous proposent des variétés sans épines, nous pensons être comblés. Hélas, non ! malgré les sélections successives, annoncées à grands sons de trompette, il n'y a pas de groseillier à maquereaux qui résiste
longtemps au terrible oïdium brun, cadeau empoisonné qui nous est venu d'Amérique vers 1913.
L’attaque
Le parasite se maintient sur la plante durant l'hiver et se développe
dès le printemps avec une malheureuse prédilection pour les jeunes
fruits
qu'il recouvre bientôt entièrement d'un feutrage blanc virant
au noir lorsque la baie se momifie.

Agir sans tarder
Aérer le sujet en l'isolant et éliminer les pousses contaminées par la taille n'est pas suffisant. Il n'existe pas de recette "bio". Heureusement, les anti-oïdiums minéraux traditionnels à base de soufre sont efficaces, à condition de les appliquer d'une manière précoce. Observez donc vos groseilliers de près et agissez vite.

Par Daniel Lejeune, administrateur de la SNHF

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