La SNHF accueille l’exposition Sacrée orchidée, du 11 au 13 septembre 2009, dans ses locaux du 84 rue de Grenelle (Paris, 7e). Les plus belles orchidées y attendent les curieux. Et ceux qui hésitent encore à se lancer dans la culture de cette plante délicate, se verront rassurer par les associations d’orchidophiles. Show floral, mini-conférences, conseils de cultures et ventes d’orchidées vous attendent dans la première exposition entièrement dédiée à l’orchidée sur Paris ! Plantes-et-Jardins a cherché à en savoir plus sur cette plante en vogue. Nous avons posé nos questions à Gérard Chauvet, président de l’AFCPO (Association Française de Culture et de Protection des Orchidées) et organisateur, avec et dans le cadre de la SNHF, de l’exposition Sacrée Orchidée.

Plantes-et-Jardins : Pourquoi une exposition sur les orchidées ?
Gérard Chauvet : L’exposition répond à une tendance. L’orchidée tient la 4e place des plantes les plus vendues en France. En ce moment, on surfe sur la vague des orchidées. La vague montante, car il y a des hauts et des bas.
« Sacrée orchidée » répond aussi à une méconnaissance de cette fleur. Les gens se font de fausses idées sur cette plante. Ils pensent qu’elle est chère, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, et qu’elle est fragile, pourtant avec des conditions de culture et des soins adéquats, une orchidée peut vivre plusieurs dizaines d’années. Cette exposition est aussi la première activité de la nouvelle section de la SNHF ‘Orchidées et plantes d’intérieur’. Elle est toute récente puisqu’elle date du 1er janvier 2009. C’est aussi notre "galop d’essai" avant une plus grande exposition prévue en 2011 sur Paris. Celle-ci sera internationale, réunissant des collections du monde entier. A terme, on montera des expositions sur Paris de manière cyclique tous les 2-3 ans. Nous souhaitons développer un label français, une image française de l’orchidophilie composée d’amateurs, de professionnels, d’institutions et de scientifiques.

Une Orchidée bleue : Vanda (Photo Gérard Chauvet)

PJ : Qui sont les visiteurs de ce genre d’exposition ? Qu’y trouveront-ils ?
G.C : La grande majorité, soit 98%, sont des curieux à la recherche du "spectaculaire", qui veulent en avoir plein les yeux. Ils cherchent des couleurs, des fleurs rares. Nombre d’entre eux viennent aussi pour être rassurés : ils veulent se lancer dans la culture d’une orchidée mais sont inquiets. Pour eux, c’est une plante délicate qui meure rapidement. Les associations sont alors là pour les rassurer et leur donner les bases pour bien commencer sa culture. Dans le cadre de l’exposition, des mini-conférences seront données sur le rempotage, l’entretien... Ainsi, les visiteurs trouveront des réponses concrètes à leurs inquiétudes. Pour ce qui est des espèces exposées, on ne peut pas encore dire à l’avance quelles orchidées seront en fleur en septembre, au moment de l’exposition. Je peux tout de même vous dire, qu’en tout cas, il y aura une orchidée bleue ! Une couleur très rare chez cette espèce.

PJ : Qu’est-ce qui fait la particularité de l’orchidée ?
G.C : Les spécialistes pensent que l’orchidée est au sommet de la pyramide de l’évolution du monde végétal. Qu’est-ce qui leur permet de dire ça ? Tout d’abord, on ne l’a pas retrouvé à l’état fossilisé. Ensuite, parce que l’orchidée présente une capacité d’adaptabilité à tous les milieux. Elle a également développé des stratégies sexuelles extrêmement poussées. Chez certaines espèces le label (un de ses 3 pétales) est capable d’imiter l’insecte pollinisateur : elle en a la forme et les couleurs. Elle est même capable de reproduire les hormones sexuelles femelles de son espèce d’insecte pollinisateur bien particulier. Elle attire ainsi les mâles qui iront de fleurs en fleurs assurer sa fécondation !

Une autre Orchidée bleue : Dendrobium (Photo Gérard Chauvet)

PJ : L’orchidée est tout de même une fleur très fragile et délicate à cultiver en intérieur, aux besoins bien précis. Comment éviter qu’elle ne meure si vite ?
G.C : La grande majorité des orchidées sont des épiphytes dans leur milieu naturel. Elles sont capables de vivre sur un support autre que la terre. Sur un rocher ou une autre plante par exemple. Elles se rapprochent ainsi de la lumière. Ces orchidées ont deux types de racines : les unes les aident à s’accrocher, les autres captent la moindre humidité de l’air. Ce sont de véritables pompes à eau. Elles ont toutefois besoin de sécher entre deux arrosages, pour ne pas pourrir. Si les racines sont en bonne santé, la plante toute entière est en bonne santé. Aussi, cultivées dans les intérieurs, on a appris à leur donner des conditions de culture assez semblables, et si les conditions d’arrosage sont respectées, elles y vivront et y fleuriront régulièrement.

PJ : Pourquoi est-ce difficile de faire refleurir une orchidée ?
G.C : Premièrement, votre orchidée ne fleurira que si elle en éprouve le besoin. Une orchidée ne fleurit pas pour vos beaux yeux, mais pour assurer sa survie. Ainsi, si elle est « trop » bien entretenue, elle ne produira pas de fleurs. Il faut alors l’oublier un peu…
Deuxièmement, la floraison est déclenchée, dans la nature, par les variations climatiques. C’est l’écart de températures entre le jour et la nuit (environ 5°C en moyenne annuelle) qui fait fleurir la plante. Si votre orchidée est cultivée à une température constante, vous n’aurez pas ou très peu de floraison. On conseille aux personnes de placer 15 jours leur orchidée dans une pièce fraiche, et de moins l’arroser (les racines supportent moins bien l’humidité à basse température). Ce choc thermique va déclencher le démarrage de la hampe florale. L’orchidée pourra être ramenée à température plus chaude, où la fleur finira de s’épanouir.
Les débutants commencent avec des orchidées hybrides, elles sont plus tape à l’œil, mais également moins contraignantes que ce soit pour la lumière ou la floraison.

Propos recueillis par Rébecca Mailly