Traditionnellement, la période automnale est choisie pour implanter les végétaux du jardin. Avec l'avènement de la culture en container, cette pratique empirique a été plus ou moins délaissée au profit des achats d'impulsions induisant la plantation de sujets à effet immédiat lorsque bon nous chante. Toutefois, le jardinier avisé aura tout intérêt à reconsidérer ses pratiques au profit d'une reprise assurée et d'un budget contenu.

Bien planter à l'automne

En septembre et début octobre, la terre encore bien chaude et fraîche à la faveur des récentes pluies permet idéalement la plantation de sujets proposés en grosse motte ou container et présentant un feuillage persistant. En effet, ces conditions s'avèrent idéales pour une croissance rapide des racines dans un tel sol meuble, chaud et frais.

D'autre part, les feuillages bénéficient naturellement de nuits fraîches et de rosée abondante. Ils souffrent peu et se déshydratent peu. Vous installerez ainsi avec succès les magnolias et de nombreux conifères, les rhododendrons et les lauriers.

En revanche, il vous faudra patienter pour implanter les végétaux vendus à racines nues comme les rosiers et nombre de plantes de haies. Notez que, sous cette forme, les plantes sont peu chères. Planter à l'automne permet assurément de faire des économies.

Préparer du pralin pour planter en racines nues

Toutefois, il est sage d'attendre la chute naturelle des feuilles (fin octobre, ou mieux novembre). Méfiez-vous, de fait, des plantes prématurément défeuillées, ceci manuellement ou chimiquement, dont le bois n'est pas complètement "aoûté". Une plantation sans tarder précédée par un pralinage des racines puis un arrosage copieux permettent, dès lors, une reprise rapide. Les pluies automnales puis l'humidité hivernale assurent naturellement l'humidité nécessaire.

Voilà bien une période pratique pour installer un jardin de week-end.

D'autres paramètres

Bien sûr, cette période de plantation est tout particulièrement recommandée dans le Midi et/ou pour les jardins au sol très poreux, caillouteux ou sablonneux. Elle évite des arrosages très fréquents l'été suivant, les plantes ayant développé suffisamment de racines en profondeur pour chercher d'elles-mêmes leur nourriture et s'abreuver.

Dans le cas des plantes sensibles au froid (acclimatation d'exotiques) ou à l'humidité hivernale (graminées, plantes à feuillage gris et de rocaille…), mieux vaut sagement reporter les plantations au printemps pour éviter tout risque de les perdre.

Philippe Ferret