Mes premier pas au jardin

Si vous recherchez le plaisir de cueillir et savourer vos propres fruits, amoureusement cultivés et partagés en famille, alors prévoyez l'installation d'un petit verger, ceci même si votre jardin est de taille modeste.

Avant tout de la lumière

Une des rares contre-indications concernant un verger porte sur son exposition. En effet, afin d'obtenir des arbres sains, des fruits abondants et mûrs à point, il est indispensable de leur procurer un maximum d'ensoleillement. Proscrivez, de fait, les emplacements mi-ombragés ou ombragés, mis à part pour les framboisiers et fraisiers des bois. De même, les endroits confinés sont source d'apparition de maladies, surtout cryptogamiques (champignons). Mieux vaut donc disposer d'un emplacement très bien aéré, donc pas trop exigu.

Des formes "gain de place"

Si vous envisagez un verger traditionnel, de type normand, il vous faudra au moins un hectare pour cultiver des arbres formés en tige (greffés en hauteur -1,80 à 2 m.) ou demi-tige (greffés plus bas et facilitant ainsi les récoltes). De nombreuses essences (la plupart en fait) parmi les plus volumineuses se prêtent à cette culture facile : pommiers, cerisiers, pruniers, néflier, cognassier, pêchers… Veillez simplement à distancer suffisamment les arbres en prévoyant leur encombrement adulte (jusqu'à 8 m entre deux cerisiers bigarreaux).

Les arbres fruitiers nains se cultivent très bien en pot

Toutefois, en choisissant des porte-greffe nanifiant, chacun adapté à une essence et au terrain, vous pourrez envisager une densité supérieure. Il convient donc de se renseigner auprès de votre fournisseur.
Certains porte-greffe permettent ainsi de cultiver et récolter des fruits sur des arbres fruitiers nains plantés en bac sur une terrasse, dans un patio…
De même, vous trouverez une gamme large d'arbres de type colonnaire qui accaparent très peu de place et seront particulièrement décoratifs pour camper une croisée d'allées ou bien installés en grands pots ou bacs.

De même, des arbres spécialement formés en pépinière seront gage de gain de place. Ainsi, les palmettes de différentes formes (palmette en U, palmette en double U, palmette oblique) permettent de garnir les murs de leurs branches guidées en espaliers. Choisissez alors les parois les mieux exposées. Plantés le long d'une allée, ces mêmes arbres composeront de beaux contre-espaliers. Vous les trouverez communément en version pommier ou poirier.

Poirier palissé contre un treillage

De même les cordons, de pommiers uniquement, prennent peu de place, car il s'agit d'une ou deux branches charpentières conduites à l'horizontale ou en oblique.

Toutes ces formes nécessitent toutefois des soins de taille qui ne s'improvisent pas, car il convient de maintenir un bon équilibre de la ramure tout en favorisant de nombreux bourgeons à fruits. C'est tout un art qu'il convient d'apprendre, si possible, auprès d'un spécialiste ou d'un amateur aguerri.

Le fuseau est toutefois une forme intermédiaire, plus facile à entretenir. Les variétés sont alors greffées près de la terre et la plante affecte assez naturellement une forme de gobelet. Sur les fuseaux, les tiges et demi-tiges, les tailles consistent surtout à limiter les pousses par trop verticales, à harmoniser la silhouette et obtenir ainsi une ramure à la fois équilibrée et bien aérée. Le but est d'éviter les attaques de champignons tout en améliorant la pénétration du soleil pour un mûrissement optimal des fruits.

Les fruits rouges sont faciles à cultiver

N'oubliez pas les petits fruits qui forment des buissons de taille plus raisonnable, faciles à caser dans les petits jardins : ce sont les groseilliers, les cassissiers, les framboisiers (à condition de contenir la croissance racinaire de ces derniers au caractère drageonnant).
De même, les mûres et les actinidias (kiwi) ainsi que les vignes en treille se palissent aisément sur une clôture ou contre un haut mur sans trop empiéter sur la surface de culture disponible.

Climat et terroir

Chaque région de France est particulièrement propice à certains arbres fruitiers. Inutile donc de tenter le prunier dans le Midi ou le grenadier dans l'est. C'est une affaire de climat bien sûr, mais de terrain également. Sur ce dernier point, l'amateur pourra toutefois tricher en faisant appel à un porte-greffe approprié à son terroir.

Quant au climat, il est bien difficile de le changer. Tout au plus est-il envisageable d'acclimater une variété frileuse contre un mur exposé plein sud (abricotier, pêcher, feijoa…). En cas de doute, référez-vous à notre guide d'achat pour bien choisir vos arbres fruitiers en fonction de votre région.

Respectez les variétés de votre terroir

Attention à la pollinisation !

Concernant les fruitiers à noyau et pépins, certaines variétés se montrent autostérile, ce qui se traduit par la nécessité de leur procurer, à proximité, un arbre mâle pollinisateur et compatible, disons dans un rayon d'un kilomètre. Dans notre guide d'achat sur les arbres fruitiers, les pollinisateurs adaptés à chaque variété de fruitier sont précisés dans nos tableaux.

Le choix judicieux des variétés

Portez votre dévolu sur des variétés locales éprouvées ou bien des variétés modernes qui ont toutefois fait leurs preuves. Certaines se sont avérées résistantes à certaines maladies et vous éviteront de devoir traiter vos arbres plusieurs fois par an, ce qui est inévitable pour les vergers classiques.
Optez alors de préférence pour un arsenal de produits phytosanitaires biologiques comme le soufre ou la bouillie bordelaise, des bandes de glu, des pièges à phéromones... pour récolter à profusion des fruits sains et savoureux. Pour aller plus loins, lisez nos conseils sur le soin des arbres fruitiers en hiver.

Texte : Philippe Ferret
Crédits photos 1 et 3 : Colour your life