Mes premiers pas au jardin

Avec la crise économique, le retour à des valeurs plus écologiques et l'envie de savourer les produits sains de son propre jardin, le potager bénéficie d'un regain de popularité. Voici quelques conseils pour bien entreprendre l'aventure passionnante d'un potager familial.

Le bon emplacement

La plupart des légumes apprécient le plein soleil. De fait, évitez toute présence d'arbre ou la proximité de bâtiments causant de l'ombre. De même, mieux vaut éviter les emplacements par trop venteux. Le mieux est de choisir un coin protégé des vents dominants, surtout en bord de mer.
Observez aussi les recoins les plus chauds (faites confiance à votre chat dont les habitudes vous guideront dans cette quête). Vous y installerez votre pouponnière (pépinière sous tunnel) et les légumes les plus exigeants en chaleur : tomates, piments et poivrons...

Soignez la terre

Vous obtiendrez de belles récoltes avant tout si votre support de culture est de bonne qualité. Aussi, considérez le sol comme votre meilleur allié et enrichissez-le constamment. Vous n'apporterez jamais assez d'humus. C'est en effet l'élément clé de votre sol, car il apporte lentement mais sûrement des éléments nutritifs, il améliore la structure (aussi bien des sols argileux que sablonneux) donc un bon transit de l'eau. Il favorise la microfaune et la microflore indispensables et il évite les amplitudes brusques et néfastes. Sa couleur sombre permet en outre un réchauffement rapide au printemps. Que des avantages donc ! Apportez donc sans retenue du terreau, du compost, des matières organiques ou du fumier, pourvu qu'il soit bien décomposé.
De même, il est important de ne pas tasser la terre. Ainsi, vous favorisez le travail des vers de terre qui ameubliront le sol à votre place. Une terre souple permet en effet aux racines de mieux pénétrer. Les plantes sont ainsi plus vigoureuses et plus stables. Lors d'arrosages ou de pluies abondants, vous éviterez, par la même, la formation de flaques. L'état sanitaire des plantes en sera optimisé.
Dans un terrain par trop humide, mieux vaut cultiver en surélévation, en billons (petits talus allongés) ou planches (massifs) surélevées.

Prenez soin de votre terre !

La rotation des cultures

Un principe simple : ne plantez pas au même emplacement et deux années de suite le même type ou la même famille de légumes. D'une part, vous transmettriez les maladies spécifiques aux cultures suivantes et d'autre part, les mêmes plantes épuisent la même strate de sol. Tout milite pour l'alternance. Attendez sagement trois à quatre années avant toute répétition.

Les bonnes cotes

Optimisez les surfaces de culture afin de faciliter vos pratiques culturales. Des planches (massifs allongés) larges de 1,30 m permettent ainsi de travailler le sol et d'entretenir ses plantes sans piétiner la terre. Sur une petite surface, vous pouvez adopter la technique du potager en carrés en délimitant des massifs légèrement surélevés, de 1,30 x 1,30 m. et garnis de plantes différentes, cultivées en petites quantités.

Prenez de la hauteur

En jardinant à la verticale, vous optimiserez grandement la surface disponible. Pour ce faire, employez des rames, des bambous, des filets tendus entre des poteaux, des arches, des pyramides. Vous habillerez ces structures de lianes vigoureuses telles que haricots rames et d'Espagne, pois à rames, courges, cornichons… Installez de préférence ces différents supports juste avant le semis ou l'installation des plants. Ces différents supports apporteront de la hauteur, du relief à votre potager et amélioreront sensiblement son esthétique.

Un choix judicieux pour débutants

Les légumes à croissance rapide ont la faveur des jardiniers débutants et en particulier, les diverses salades, les haricots, les tomates, les courgettes, les radis, les fèves (semis d'automne), le maïs, la poirée, la pomme de terre, la tétragone.

Également faciles, mais demandant plus de patience, on compte les aubergines, betteraves et carottes, les choux, le fenouil, la mâche, les navets, les poireaux et les potirons.

Protégez vos plantations des gelées imprévues, sous un tunnel de forçage

Planter ou semer ?

Certains légumes sont de germination délicate, lente ou bien encore doivent être impérativement semés à chaud. Ainsi, mieux vaut se procurer des jeunes plants de tomates, piments et poivrons, de courges et courgettes, d'aubergines, de cucurbitacées telles que potirons, de persil, de poireaux ou de choux.

La date fatidique…

Soyez patients et attendez que les risques de gelées soient définitivement écartés. En région parisienne, la date des Saints de Glace, mi-mai, signe la mise en place de très nombreuses plantes potagères. Toutefois, les pommes de terre seront traditionnellement plantées à la floraison des lilas. Si vous souhaitez hâter les choses, investissez dans des petits tunnels horticoles, des voiles de forçage voire des housses de forçage (pour tomates).

L'arrosage contrôlé

Mieux vaut éviter d'arroser par aspersion (par oscillants ou tourniquets) car vous mouilleriez le feuillage de vos légumes au risque de provoquer l'apparition de maladies. Préférez l'apport d'eau au pied des plantes, au goulot ou mieux encore à l'aide d'un goutte à goutte ou d'un tuyau perforé ou suintant. Au besoin. A défaut, creusez des rigoles ou sillons pour localiser les apports d'eau. En plein été, arrosez de préférence tôt le matin ou à défaut tard le soir, avec de l'eau tiède.

Paillez pour aider vos légumes à se développer sans souci

Les apports d'engrais

Préférez l'emploi d'engrais d'origine organique, à effet lent et durable aux engrais "coup de fouet" et trop riches en azote, qui induisent une végétation foliaire exubérante et sensible aux attaques d'insectes et maladies. Privilégiez aussi les apports fréquents de matière organique.

Le paillis roi

Afin de limiter la prolifération des mauvaises herbes et de maintenir un bon niveau de fraîcheur aux racines, épandez après la reprise des plants et entre les rangs, un paillis de tontes de gazon (laissez-les sécher un peu avant et superposez-les en couches minces). Sinon, employez des broyats végétaux, de la paillette de lin ou de chanvre, les cosses de sarrasin.

Les cultures dérobées…

Ne laissez pas le sol nu entre deux cultures. Dès qu'une récolte est effectuée, occupez le terrain par une culture de légumes rapides (salades, radis, haricots…), semez de l'engrais vert (jolie phacélie ou moutarde) ou bien épandez un paillis protecteur.

Philippe Ferret