Comme tous les fruitiers, l’abricotier est sujet à quelques maladies, certaines sont bénignes, d’autres peuvent toutefois faire périr l’arbre. C’est pourquoi il est nécessaire de prêter attention à certains détails utiles pour prévenir les maladies, ainsi que de réagir rapidement pour limiter autant que possible les dégâts.

Maladies de l'abricotier

En règle générale, pour éviter les maladies, certains points sont importants :

  • Évitez de trop serrer vos fruitiers et de les garder trop touffus au centre, la circulation de l’air permet souvent d’éviter toutes sortes de maladies.
  • Sélectionnez des variétés et des porte-greffe adaptés à la nature de votre sol et à votre climat.
  • Évitez les plaies inutiles et appliquez toujours un cicatrisant.
  • Désinfectez toujours vos outils entre les arbres et appliquez un cicatrisant après la coupe.

Les fleurs se dessèchent

Le coupable : la moniliose

Appréciant les atmosphères humides, ce champignon se développe particulièrement les années très pluvieuses. Au stade des fleurs, c’est le tout début de la maladie, qui entre dans l’organisme du végétal. Ensuite on peut voir l’extrémité des rameaux dépérir, voir des rameaux entiers, puis arrivent les fruits, c’est généralement à ce moment là que l’on s’aperçoit du problème. Les fruits sont marqués de taches concentriques grisâtres qui peuvent recouvrir la totalité du fruit. Les abricots finissent par se momifier et peuvent rester attachés à leur branche.

Le remède :

En prévention

  • Supprimez les endroits touchés : branches, fruits.
  • Privilégiez les variétés d'abricotiers à floraison tardive.
  • Cette maladie cryptogamique pénètre dans l’arbre via les plaies, donc épargnez-le le plus possible des blessures et mastiquez avec un cicatrisant celles que vous ne pouvez éviter.
  • Les apports riches en azote favorisent ces maladies cryptogamiques.
  • Durant la fructification, éclaircissez bien vos fruits.
  • En fin d’hiver, pulvérisez une solution cuprique, puis un extrait de prêle durant la floraison.

Les feuilles ont des taches rouges concentriques

Le coupable : la criblure à Coryneum

La criblure est due à un champignon, le Coryneum beijerinckii. Les tâches rouges sur les feuilles apparaissent rapidement après le débourrement et deviennent ensuite des trous. Ce sont les feuilles qui sont les plus touchées, mais lorsque l’attaque est très sérieuse branches et fruits peuvent l’être également. Les fleurs et les futurs fruits se dessèchent, rappelant la moniliose, les rameaux peuvent être marqués de taches violacées. Les fruits peuvent aussi, mais plus rarement, montrer ces mêmes taches qui pourrissent et le font tomber.
Un arbre faible peut également présenter un feuillage qui jaunit avant de tomber.

Le remède :

En prévention

  • Réalisez de bons apports de fumier organiques (pas trop riches en azote), surtout lorsque la récolte a été très importante, et dans ce cas privilégiez les jus de compost ou le guano qui sont à assimilation rapide.
  • Faites des pulvérisations de décoction de prêle une fois par semaine au début de la période de végétation.
  • Lorsque les bourgeons commencent à gonfler, pulvérisez une solution cuprique.
  • Ramassez tous les fruits tombés à terre.

En curation

Supprimez et brûlez les parties touchées.

Il y a des écoulements de gomme

Le coupable : la gommose

Il peut y avoir plusieurs causes à l’apparition de ces écoulements, qui se produisent aussi bien à l’aisselle des branches, qu’autour des bourgeons :

  • un stress,
  • l’âge avancé de l’abricotier,
  • un déséquilibre au niveau de la fertilisation,
  • un terrain ou un porte-greffe inadapté,
  • un sol trop humide qui noie les racines,
  • une maladie bactérienne.

Elle apparaît aussi après une taille trop importante pour l’arbre.
La gommose est fréquente pour tous les fruitiers à noyaux.

Le remède :

En prévention

  • La taille en vert est à privilégier lorsque l’arbre est adulte et en bonne santé.
  • Lorsque vous taillez, appliquez sur les plaies un mastic cicatrisant ou bien du vinaigre ou encore des feuilles d’oseille.

En curation

La gommose étant un symptôme et non une vraie maladie, il faut en trouver la cause pour la faire disparaître.

Des chancres bruns avec écoulement de gomme

Le coupable : le dépérissement bactérien

Favorisée par la nature du sol et le climat, cette maladie cryptogamique apprécie particulièrement l’humidité automnale et les écarts de températures qui se peuvent se produire au printemps. Les signes apparaissent sur le bois entre la fin de l’hiver et l’été, ainsi que sur les feuilles. La base des branches est marquée par des lésions brunes qui laissent écouler de la gomme, et ces branches touchées en fin d’hiver se couvrent difficilement, voire pas du tout, de feuillage. Certaines peuvent dépérir brutalement. Les feuilles peuvent montrer des taches au contour transparent.

Le remède :

En prévention

  • L’abricotier aime les situations abritées.
  • Pas d’excès d’azote ni de déséquilibre dans les apports.
  • Faites particulièrement attention à ne pas blesser votre abricotier au niveau du collet.
  • Un badigeon est à appliquer en automne sur le tronc et sur les branches charpentières et pulvérisez à la décoction de prêle.
  • Traitez au cuivre les abricotiers qui pourraient être affectés par ce chancre bactérien.

En curation

  • Les parties atteintes doivent être supprimées et détruites.
  • Au printemps, les lésions doivent être curées et appliquez un badigeon dessus ainsi que sur le tronc et les branches principales.
  • Les traitements au cuivre peuvent limiter l’expansion de la maladie.

Les feuilles prennent une teinte métallique

Le coupable : le plomb

Les feuilles commencent à devenir grisâtres ou blanchâtres et à se crisper, avant de totalement s’enrouler sur elles-mêmes. Elles se forment mal. L’arbre ne se développe plus et peut mourir au bout de 2 ou 3 ans. Cette maladie cryptogamique due au champignon Stereum purpureum se développe en environnement humide.

Le remède :

En prévention

Ne taillez que par temps sec.

En curation

Les parties attaquées doivent être détruites très vite. Si l’arbre est totalement attaqué, arrachez-le.

Les feuilles sont rouges et tordues

Le coupable : la cloque

C’est à la fin de l’hiver, à la sortie des bourgeons, que ceux-ci sont attaqués par le champignon Taphrina deformans. Les feuilles en grandissant vont totalement se déformer en montrant des boursouflures et passer du vert tendre au rouge. Les feuilles tombent tôt et les rameaux aussi se déforment, la production est bien sûr diminuée voire absente. Certaines conditions météorologiques favorisent le développement de la cloque : un hiver doux et un printemps humide et froid.

Le remède :

En prévention

Pulvériser un fongicide à base de cuivre sur la totalité de l’arbre à la tombée des feuilles, puis juste avant l’ouverture des bourgeons. Vous renouvellerez cette pulvérisation 2 fois à 2 semaines de distance.

En curation

  • Réalisez des pulvérisations de décoction de prêle durant le printemps, pour limiter l’invasion de la maladie.
  • Ne pas laisser les feuilles tombées sous l’arbre et supprimer les rameaux atteints pour éliminer les spores présents, dans le but de ne pas favoriser la cloque pour l’année suivante.
  • Supprimer et brûler les jeunes pousses atteintes au premier signe.