La beauté des rhododendrons, des azalées et des camélias, pour ne citer que les trois plus dignes représentants des plantes dites "de terre de bruyère", a déjà fait craquer plus d'un jardinier. Au vu de leur grande diversité de formes et de couleurs, ce n'est que justice car ce sont réellement de superbes arbustes. Voici comment les cultiver et les mettre en valeur dans votre jardin.

Une ribambelle colorée

En choisissant différentes variétés de rhododendrons, il est possible d'obtenir des floraisons successives de début mars (Rhododendron praecox et dauricum) jusqu'à juillet (Rhododendron 'Polar Bear'). Si les plus vigoureux dépassent les trois mètres de hauteur à l'âge adulte et peuvent ainsi former de véritables haies brise-vent à l'image des rhododendrons pontiques, d'autres de taille plus modeste agrémenteront les petits jardins voire les terrasses s'ils sont plantés en pot.

Un camélia...

C'est le cas des nombreuses formes et hybrides de Rhododendron williamsianum et de Rhododendron yakushimanum. D'autres comme les Rhododendron impeditum sont carrément miniatures et destinés aux rocailles. Les innombrables rhododendrons hybrides à grandes fleurs montrent des fleurons le plus souvent ornés d'une impériale contrastée ornant le pétale supérieur, ce qui donne fière allure à sa floraison.

Les azalées sont dorénavant classées parmi les rhododendrons. On distingue principalement les azalées à feuilles persistantes, de la famille des japonaises, trapues, à petites feuilles rondes et floraison abondante capable de masquer le feuillage, et les azalées à feuillage caduc, de plus grande taille, jusqu'à plus de deux mètres, dans des coloris très variés et, qui plus est, parfois très parfumées.

Les camellias quant à eux se rangent en trois catégories qui correspondent aussi aux périodes de floraison. Les camellias sasanqua peuvent fleurir dès novembre et jusqu'en mars selon les variétés. Ils sont très gracieux par leur port souple, leurs feuilles et fleurs de petite taille, le plus souvent parfumées. Les camellias japonais sont les plus connus avec leurs grandes fleurs pompeuses au dessin parfait, qu'elles soient simples ou doubles. Leur floraison s'échelonne de la fin décembre à avril. Enfin, les camellias hybrides de williamsii sont plus tardifs (mars à fin mai). Ils se montrent très vigoureux et robustes, toujours propres car leurs fleurs fanées tombent d'elles même, et particulièrement florifères.

Camélia japonica et azalée japonaise

Comment les cultiver ?

En règle générale, ces plantes apprécient une situation abritée des grands vents et du plein soleil. Ce sont toutefois leurs exigences en termes de qualité du sol qui limite leur usage. En effet, il leur faut un sol acide et souple pour prospérer convenablement, ce qui n'est pas le cas dans la majorité de nos jardins. Lisez aussi notre fiche conseils sur la culture des plantes de terre de bruyère.

Bien sûr, vous avez la solution de creuser une fosse pour y amasser de la terre acide dite "de bruyère" et ainsi pouvoir cultiver vos plantes chéries. Vous devrez toutefois compter sur l'eau d'arrosage calcaire et apporter pour la corriger de temps à autre un produit anti-chlorose à base de chélate de fer. Si votre sol est neutre et pas trop argileux, vous vous contenterez d'y incorporer, à raison d'une proportion d'un tiers à la moitié, un compost acide pour obtenir les conditions idéales.

Placez-les sous la protection de grands arbres caducs

L'entretien de vos plantations

La plantation de ces végétaux peut s'effectuer sans dommages de septembre à juin si l'on prend soin de bien les arroser jusqu'à reprise complète. En effet, ces plantes montrent un enracinement compact supportant généralement bien les transplantations soignées même lorsqu'elles sont en fleurs. Elles préparent du reste leurs boutons floraux en fin d'été d'où l'intérêt de maintenir le sol frais en automne.

Une fois la floraison terminée, il vous faudra supprimer manuellement les fleurs fanées disgracieuses. Apportez chaque année un engrais spécifique et de la terre de bruyère en surface, en fin d'hiver. Un paillis d'écorces broyées ou de Mulcao est d'autre part fort bénéfique car il maintient la terre fraîche. Sachez en effet que la vraie terre de bruyère est très difficile à réhumecter. Pour la même raison, vous tremperez les mottes systématiquement et longuement dans un seau d'eau, avant toute plantation.

Conseils d'utilisation

La plupart de ces plantes montrent un feuillage persistant. Elles sont donc précieuses pour constituer des fonds de massifs, des trames de fond, du moins pour ce qui est des plus grandes. Vous les regrouperez en prenant garde de bien marier les couleurs, de préférence en camaïeux raffinés car la palette est large avec des extrêmes pimpants.

Choisissez-leur la protection de grands arbres caducs qui leur prodigueront une ombre légère et une protection vis à vis des courants d'air. Employez toute la palette des formes et couleurs pour constituer des strates harmonieuses et placez les variétés les plus basses en avant-plan des massifs.
Ces plantes sont généralement de bonne compagnes pour les lis qui apprécient aussi les terres souples et plutôt acides (sauf celui de la Madone) et elles se prêtent à l'installation de couvre-sols aptes à les mettre superbement en valeur: pervenche, gaultheria, lierre panaché, hostas, sans compter les hellébores, narcisses et perce-neige qui fleurissent à l'unisson.

Philippe Ferret