Dossier

Au promeneur, le Jardin du Luxembourg (Paris, 6e) dévoile sans pudeur : son palais, ses chaises, ses voiliers, ses sculptures, sa Statue de la Liberté, sa fontaine Médicis, son jardin à l'anglaise, ses arbres, ses jeux... Mais il garde caché derrière ses murs et ses grilles : ses serres, ses orangeries, son verger, sans oublier ses jardiniers qui œuvrent en toute discrétion. Rencontrez-les et passez dans les coulisses d'un jardin très apprécié de la capitale.

Avec ses 22 hectares, il est, après les buttes de Chaumont, le deuxième plus grand jardin de la capitale. Commandé par Marie de Médicis en 1612, le jardin du Luxembourg rappelle les origines italiennes de la Reine de France : terrasses, parterres et jet d'eau... Sans oublier la fameuse fontaine Médicis, où statues et illusions d'optique se mêlent pour le plaisir des yeux.
Face au Palais du Sénat, des massifs en fleurs 8 mois consécutifs par an. Du printemps à l'automne, le visiteur profite de ces mélanges de couleurs et de plantes, qui est loin d'être dû au hasard. Ces associations sont "testées" dans des recoins du jardin avant d'en intégrer les massifs centraux.
Les 70 jardiniers du Luxembourg se partagent le travail et les différents espaces du jardin. Quelqu'uns ont la charge des serres, d'autres des Orangeries, certains sont même responsables de l'arrosage des plantes à l'intérieur du Palais.
Suivons-les dans les coulisses du jardin du Luxembourg...

Dans les serres

Dans ces serres où sont produites 90% des plantes qui fleurissent les jardins du Luxembourg, on y trouve les valeurs sûres tels que cyclamens, bégonias, primevères, kalanchoés et fougères pour fournir les jardinières.
On y trouve également des plantes à grand effet comme les anthurium et les spathyphyllium (vignette en bas à gauche), mais aussi de petites merveilles, trésors cachés des jardiniers du Luxembourg : plante aux crevettes, Tillandsia, cacaoyer, piment d'Espelette, sans oublier les orchidées.

Certaines sont des coups de coeur des jardiniers qui les achètent dans des foires aux plantes et autres manifestations, comme c'est le cas du melon amer, Momordica charantia, petite protégée d'un des jardiniers.

Les plantes sont achetées en graines et sont multipliées d'années en années par bouture ou semis. Une serre y est dédiée : la serre de multiplication.

Une fois prêtes à être repiquées, les plantes rejoignent la pleine terre à l'extérieur des serres. Les jardiniers se serviront au fur et à mesure des besoins en fleurissement du jardin. Ainsi le long d'une des serres, une collection de dahlias attend de rejoindre un massif ou une plate-bande du jardin.

Dans les orangeries

C'est dans l'orangerie que les plantes sensibles au froid passent l'hiver : palmiers, citronniers, orangers... Le bâtiment n'est pas chauffé, contrairement aux serres, mais maintenu hors gel.

C'est également le lieu des rempotages. Le processus est coûteux vue la taille importante des arbustes et palmiers, leur caisse est construite sur mesure par des experts. Ainsi, le rempotage ne s'effectue qu'une fois tous les 10 ans.

De grands palmiers ont dû quitter le Jardin du Luxembourg, car ils ne passaient plus la grande porte de l'Orangerie. De même, certains arbustes sont centenaires, et il est possible qu'un des orangers ai vécu à l'époque de la Reine Marie de Médicis...

Les jardins du Luxembourg comptent deux orangeries. La seconde tient lieu de garage (vignette en bas à gauche) et de bureaux. On y trouve également le magasin des bouquets. Les jardiniers y confectionnent les bouquets, décorations florales et centres de tables pour les réceptions et les bureaux du Palais du Sénat. Les fleurs coupées sont gardées en chambre froide; et chaque semaine, un planning des réalisations à faire est mis à jour.

Dans le verger

Construit à l'emplacement de l'ancienne pépinière du couvent des Chartreux, le verger du jardin du Luxembourg (accessible aux visiteurs sur rendez-vous) est un lieu de conservation de variétés anciennes de pommiers, poiriers, cognassiers, abricotiers, pruniers, néfliers et figuiers. C'est également un lieu de formation où sont enseignés les techniques anciennes de culture et de taille.

A l'abri dans leur enclos grillagé, les fruitiers sont traités de manière traditionnelle et bio, le rendement n'est pas la priorité puique les fruits récoltés ne peuvent être vendus. Ils garniront une corbeille de fruits pour le Sénat ou iront à la soupe populaire de l'arrondissement.

Les fruitiers sont taillés en palmette en U double, ou en palmette en éventail. On minimise tout traitement de maladies. Si celle-ci ne menace pas la santé et la vigueur de l'arbre, le jardinier n'interviendra pas.
Un filet est tendu au-dessus des fruitiers pour les protéger des oiseaux, car ces derniers mangent les fleurs des poiriers, les premières de la saison à éclore, menaçant la fructification.
Chaque fruit est ensaché pour affiner son épiderme et le protéger de toutes attaques de nuisibles.

Certaines variétés, inscrites au catalogue des moines Chartreux, sont conservées dans le verger. Elles sont repérables au petit symbole sur leur étiquette : un moine travaillant la terre.

Les jardiniers du Luxembourg exposent leurs merveilles lors de foires aux plantes, et autres manifestations dans le domaine du jardin. L'occasion également de présenter les variétés anciennes de leur verger.

Si d'aventure vous en croisez un dans le jardin, tout affairé qu'il est, n'hésitez pas à lui demander conseils. Passionné, il sera heureux de vous faire partager son savoir. En attendant, vous pouvez toujours glâner des idées de massifs et d'associations de plantes simplement en vous promenant dans le jardin...

INFOS PRATIQUES :
Horaires : de 7h30 à 21h30 tous les jours en été de 8h15 à 17h00 en hiver.
Entrée gratuite

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