hôtel à insectes

Les auxiliaires biologiques : nos alliés contre les nuisibles

Proposé par la SNHF

Encourager la biodiversité au jardin, c'est créer un environnement favorable à un équilibre entre un nombre varié d'espèces végétales et animales qui contribuent à la vie au jardin et nous aident à lutter contre les organismes nuisibles.
Il peut s'agir d'oiseaux, de reptiles, de batraciens, de mammifères, d'insectes, qui se nourrissent ou qui parasitent les ennemis de nos cultures. Il faut donc chercher à les attirer car ils nous apportent une aide précieuse.

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Les principales espèces utiles sont les suivantes : l'araignée, la belette, le carabe doré, la coccinelle, la chauve-souris, la couleuvre, le crapaud, la chrysope, la guêpe parasite, la grenouille, le hérisson, le lézard, la musaraigne, l'oiseau, le rapace, la punaise, la syrphe. Plusieurs solutions sont possibles pour attirer ces auxiliaires, comme la constitution de haies champêtres diversifiées, de massifs d'arbustes, ou la réalisation d'abris (petits jardins en ville ou zone péri-urbaine).

Création de haies et massifs champêtres

Les haies et massifs champêtres sont des associations végétales de plusieurs espèces bien adaptées au sol et au climat, en accord avec le paysage naturel.
Plus ce massif est varié, moins il sera vulnérable aux attaques des maladies, et plus il offrira un équilibre riche pour les oiseaux, insectes, sans oublier la qualité esthétique des différences de formes et de couleurs des fleurs, fruits et feuillages.
De nombreuses espèces vont élire domicile dans votre massif champêtre : oiseaux, insectes, reptiles et autres petits mammifères.

Les arbres à fleurs facilitent la vie des insectes pollinisateurs et les arbres à baie nourrissent les oiseaux, qui vont réguler les populations d'insectes.

Fabriquez un hôtel à insectes

Selon les régions, on y trouve des rapaces diurnes et nocturnes (faucons, buses, éperviers, chouettes et hiboux), mais aussi des serpents (couleuvres, vipères) et petits carnassiers de l'ordre de mammifères : belettes, etc. Ces espèces carnivores protègent votre jardin en mangeant les nuisibles (campagnols et autres souris), sans toucher aux cultures.
Les passereaux sont tous insectivores et limitent la population d'insectes dans les cultures. Les haies et massifs leur offrent un lieu de vie idéale leur procurant baies, graines, insectes, larves...
Les insectes vivant dans une haie n'apportent pas forcément de nuisances sur une culture. Certains papillons (les hyménoptères parasites) pondent même leurs œufs dans les larves d'insectes nuisibles. De plus, les hyménoptères pollinisateurs favorisent la pollinisation et donc augmentent le rendement en graines. Ces insectes sont appelés auxiliaires de culture.

La haie champêtre est le refuge de nombreux auxiliaires

Les meilleures espèces indigènes pour composer une haie champêtre ou un massif d’arbustes :
érable champêtre (Acer campestre), cornouiller mâle (Cornus mas), noisetier (Corylus avellana), aubépine (Crataegus), fusain (Euonymus), bourdaine (Frangula dodonei), lierre (Hedera), houx (Ilex), genévrier (Juniperus), chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), néflier vrai (Mespilus germanica), merisier (Prunus avium), prunellier (Prunus spinosa), nerprun (Rhamnus), églantier (Rosa canina), ronce (Rubus) (sans épines), sureau noir(Sambucus nigra), sureau à grappes (Sambucus racemosa), sorbier (Sorbus aucuparia), viorne (Viburnum)…

Entretien : une haie libre ou champêtre, ou un massif d’arbustes, poussent relativement vite et bien, surtout composés d'espèces rustiques, c'est-à-dire supportant les rigueurs de nos hivers. L'entretien en est facile et la résistance aux maladies et aux parasites bien meilleure.

Une taille de nettoyage et de mise en forme est souvent indiquée, mais peu contraignante : élimination des branches mal placées, malades, mortes ou en surnombre.
La taille d'hiver a des avantages incontestables : la chute du feuillage permet de bien distinguer la charpente des arbustes et de voir clairement les branches à supprimer et évite de déranger les oiseaux au moment de la nidification.

La mare est un écosystème précieux

Autres zones-hôtes pour les auxiliaires biologiques

Mare ou étang : une mare attirera crapauds, grenouilles, mais aussi les oiseaux qui viendront s’y désaltérer. Le fond de la mare peut être réalisé avec de l’argile, soigneusement damé ou, plus simplement, à l’aide d’une bâche. De nombreuses plantes aquatiques y trouveront leur place.
Aménagez les rives en pentes douces et ne creusez pas trop profond (la profondeur idéale est de 0,8 à 1 mètre).

Abris : durant l’hiver, vous pouvez aménager des abris pour les auxiliaires afin de les garder dans votre jardin : fagots de bois, tas de pierres ou rochers, hautes herbes… des abris que l’on confectionne soi-même sont aussi jolis qu’utiles !

Nourrissez les oiseaux durant l'hiver

Les oiseaux

Les oiseaux insectivores sont de précieux alliés et peuvent vous débarrasser de certains parasites. Il ne faut donc pas les chasser !

Pour les attirer dans votre jardin, vous pouvez :
• planter une haie bien fournie ou un massif car les oiseaux recherchent une végétation très variée, plutôt touffue pour s’y sentir à l’abri et se reproduire.
• fabriquer des nichoirs que vous placerez ensuite dans des endroits discrets ou que vous suspendrez à une branche d’arbre.
Un nichoir doit être solide, compact et facile à confectionner. Vos nichoirs devront être placés au minimum à 1,50 m du sol. Pensez aussi à installer une barrière de protection contre les chats autours des troncs d’arbres recevant les nichoirs.
• placer l'hiver, dans quelques endroits tranquilles, des plateaux-mangeoires.
La proximité d’arbustes à feuillage persistant permettra aux oiseaux de s’abriter en attendant que vous les nourrissiez.
• apporter une réserve d’eau pour qu’ils puissent boire (fontaine, coupelle d’eau, bassin d’oiseaux…).

Les vers de terre

Le ver de terre ou lombric est un grand travailleur, qui joue un rôle fondamental dans la structure et la biologie du sol. Il creuse des galeries et participe ainsi à l’aération du sol et à son drainage.
Ces petits tunnels facilitent l'installation des racines des plantes et leur alimentation en eau.
En se déplaçant de bas en haut et de haut en bas, le ver de terre mélange le sol. Il réduit et apporte en profondeur des éléments présents en surface, comme les végétaux morts. Il remonte du sous-sol des oligo-éléments comme le fer, le soufre, etc. Il ne touche pas aux racines et aux plantes saines. Il déplace l'équivalent de son poids par jour.

Les déjections des vers de terre contiennent 5 fois plus d'azote, 2 fois plus de calcium, 2,5 fois plus de magnésium, 7 fois plus de phosphore, 11 fois plus de potassium que le sol environnant.
Préservez donc ces animaux dont on n'apprécie pas toujours l'utilité et qui pourtant sont des alliés indispensables du bon jardinier. C'est d'ailleurs un bon indicateur de la richesse du sol. Les scientifiques estiment qu'il faut 50 vers par m² pour avoir un sol bien fertile.