récolte du potager

Le potager en carrés par Anne-Marie Nageleisen : « écologique, économique et ludique »

Anne-Marie Nageleisen est l’auteure du livre Le potager en carrés. La méthode et ses secrets. L’ouvrage présente de manière très complète cette technique de culture, la rendant accessible à tous, débutant comme confirmé, que vous ayez un grand jardin, un balcon ou une terrasse. Plantes-et-Jardins a rencontré cette passionnée de jardinage et de nature, qui nous a fait partager son enthousiasme pour le potager en carrés.

Le potager de Marie
Plantes-et-Jardins : Potager en lignes ou en carrés : qu’est-ce qui les distinguent ?

Anne-Marie Nageleisen : Mon premier potager était un potager en lignes, je peux donc vraiment faire la différence avec celui en carrés. Cette méthode de culture est née il y a 30 ans : Mel Bartholomew a eu l’idée géniale de regrouper dans des carrés les légumes cultivés jusqu’alors en lignes. Ainsi, les cultive-t-on sur des surfaces de 40 cm sur 40 cm, regroupées pour former de plus grands carrés de 1,20 m sur 1,20 m.

PJ : Qu’est-ce qui vous plait dans la culture en carrés ?

A-M N. : Comme l’on cultive sur de petites surfaces, le potager en carrés demande peu de temps d’entretien et est particulièrement bien adapté à nos emplois du temps modernes et à notre société de loisirs. Il permet un retour à la terre, des gestes respectueux de l’environnement. Le jardinage devient un réel plaisir. On y trouve rapidement un côté ludique. Ce type de potager prend aussi très vite une dimension esthétique. Les travaux de jardinage étant allégés, on peut mettre son énergie et son imagination dans les aménagements du potager, le choix des matériaux pour les bordures (en pierre, en bois ou végétales), le mélange des légumes, des fleurs. Le carré étant une forme très simple, il structure l’espace et facilite les choses.

Le potager en carré révèle très vite son côté esthétique.

PJ : Pour les débutants qui veulent se lancer dans la culture de légumes, le potager en carrés est-il une bonne façon de débuter ?

A-M N. : Oui, c’est une bonne technique pour commencer dans la culture d’un potager. Elle demande peu d’espace et de travaux de préparation du terrain. C’est une bonne méthode pour commencer, se faire la main, sans déployer de gros efforts.
A l’issue d’une première année, on peut tirer ses propres conclusions : est-ce un loisir gênant ou non dans mon emploi du temps ? Est-ce que j’aime jardiner et récolter mes propres légumes ? Si on a aimé, rien n’empêche alors de passer à plus grand et de créer de nouveaux carrés !

PJ : Y a-t-il des règles spéciales à respecter dans un potager en carrés ?

A-M N. : Au démarrage d’un potager en carrés, les règles sont les mêmes que dans n’importe quel jardin : prendre soin de la terre et de sa fertilité, s’adapter à l’ensoleillement, etc. Sinon, comme les cultures se succèdent rapidement, il faut les planifier et gérer leur succession, puisque tous les légumes n’ont pas les mêmes besoins et n’épuisent pas le sol de la même façon. Dans mon livre, je propose un calendrier de successions des cultures sur un an (cf. Illustration page 84) et des fiches pratiques pour 50 légumes et herbes aromatiques.
La succession des cultures sur les mois de juillet et août (page 84 du livre)
La seconde règle importante dans le potager en carrés est l’association des légumes. Cette règle se transforme vite en atout. La diversité des végétaux cultivés attire de nombreux insectes auxiliaires : coccinelles, papillons, abeilles. Le jardin s’anime, devient vivant ; un véritable écosystème se crée. Et comme les surfaces de cultures sont petites, on peut plus facilement prévenir les attaques de nuisibles et réduire le risque de maladie.
Ces quelques règles ne doivent cependant pas devenir une prise de tête et être trop strictes. Le jardinage est avant tout un loisir, l’occasion de passer du temps en contact avec la nature et de se faire plaisir en récoltant ses propres légumes.

Reproduisez nos modèles de carré de potager

PJ : Est-ce que ça revient cher d’avoir un potager en carrés ?

A-M N. : Non, par rapport à un potager en ligne, ça ne revient pas plus cher. Ce qui peut devenir onéreux, ce sont les matériaux que l’on utilise pour border les carrés : planches, pierres, treillis de bois. Suivant les matériaux choisis, le prix n’est pas le même. Mais il s’agit d’un investissement de départ durable, et surtout esthétique. Si on veut démarrer sans dépenser beaucoup d’argent, il n’est pas nécessaire de délimiter les carrés, on peut les tracer à même le sol, ou encore utiliser des matériaux de récupération. L’investissement est alors nul. Il ne faudra alors acheter que les graines, comme dans le cas d’un potager en lignes. De plus, comme on travaille sur de petites surfaces, on arrive à mieux gérer sa consommation d’eau et de fertilisants, qui sont bien délimités.

PJ : Cette technique peut-elle être adaptée à un balcon ou une terrasse ?

A-M N. : Oui, complètement. Suivant la place dont on dispose, on adapte le nombre de carrés. Il n’est bien sûr pas obligatoire de faire de grands carrés. On peut n’avoir que quatre petits carrés de 40 cm sur 40 cm, par exemple. C’est très modulable. Bien sûr, le potager ne sera pas aussi productif qu’un grand, mais il permettra tout de même de récolter des tomates, des radis, de la mâche… On travaillera alors dans des bacs et non à même le sol. Il faut alors bien choisir les contenants, ce dont je parle aussi dans le livre.

Cultivez les légumes que vous préférez, comme la courgette

PJ : L’éco-jardinage prend une place importante dans votre livre. Est-ce un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ?

A-M N. : Pour moi c’est une évidence ! Je suis sur une planète qui m’offre de quoi vivre, je me dois de la respecter. L’éco-jardinage, ça coule de source. Si un jardinier a envie de respecter la terre, il est amené à intervenir dans ce sens. L’éco-jardinage n’est pas une utopie mais une réalité. Ce n’est pas le jardinier qui conçoit son jardin, c’est son jardin qui l’amène à penser.

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Propos recueillis par Rébecca Mailly