Certes votre terre est facile à travailler, les mauvaises herbes aisées à déloger et l'accès est facile même après une pluie, mais vous ne savez que faire lorsque votre terre sèche à l'excès en été. Voici des recettes pour contrer la fatalité.

Améliorer sa terre

Face à un terrain poreux, qu'il soit sablonneux ou très caillouteux, il convient de tout mettre en œuvre tout d'abord pour lui permettre de mieux retenir l'eau. Pour ce faire, apportez en quantité de la matière organique telle que terreau, fumier décomposé ou déshydraté, tourteaux, compost de champignonnière ou bien compost "maison", concocté à partir des déchets ménagers et du jardin... C'est ainsi que vous enrichirez le milieu. Vous initierez par la même une bonne rétention de l'eau et des éléments fertilisants par les plantes au profit d'une vigueur qui fera plaisir à voir.

Arroser en conséquence

Si vous en avez la possibilité, arrosez en période estivale. Toutefois, mieux vaut prévoir un bon arrosage conséquent par semaine au lieu de petits arrosages plus fréquents. En effet, il convient de favoriser un enracinement en profondeur afin que les plantes soient capables progressivement de chercher toutes seules leur nourriture en profondeur et gagnent ainsi leur indépendance. Un système "goutte-à-goutte" est donc déconseillé dans ce cas précis car il favorise l'enracinement superficiel. Arrosez de préférence le soir pour éviter les déperditions inutiles par évaporation.

Pailler

Toute méthode permettant de maintenir la fraîcheur du sol est opportune. Ainsi, l'épandage d'une matière neutre en surface permet tout à la fois de limiter l'apparition des mauvaises herbes et d'économiser des arrosages sans oublier une régulation thermique non négligeable. N'hésitez pas à employer du sable grossier , des gravillons ou galets ou bien de l'écorce de pin, du Mulcao, des feuilles mortes ou aiguilles de pin... bref toute matière disponible en quantité. Les "jardins de gravier" sont du reste en vogue outre-Manche depuis que Beth Chatto en a expérimenté et montré les avantages. Prévoyez une épaisseur suffisante ( 7 cm environs) de matériau sinon les mauvaises herbes vivaces risquent bien de réapparaître. Epandez-le sur terre propre et de préférence déjà humide, lorsque la végétation redémarre au printemps, ceci pour plus de facilité de mise en place.

Plantez en conséquence

Quoiqu'il en soit, mieux vaut choisir l'automne pour mettre en place les plantes. Elles s'installeront ainsi sans problème avant le printemps suivant pour vous gratifier d'un effet rapide. Attachez toute votre attention au haubanage des jeunes arbres qui mettront du temps à se stabiliser. Si vous plantez au printemps sur sol nu, modelez une cuvette pour retenir l'eau d'arrosage à l'aplomb du feuillage.

Employez les plantes les mieux adaptées

Les jardiniers écologiques ou fainéants préfèreront sans doute employer des végétaux adaptés à ces conditions sans pour autant améliorer les conditions de culture. Nul doute toutefois que la conjonction de toutes ces astuces contribuera, dans les cas extrêmes, à obtenir un résultat des plus gratifiants. Notez que les plantes aux feuilles garnies d'un fin duvet sont particulièrement bien adaptées à ces sols poreux et ne risqueront pas d'y pourrir. Tel est le cas de nombreuses plantes officinales, aromatiques et condimentaires issues de la garrigue : thym laineux, romarin, lavande, santoline à employer sans réserves.

Eucalyptus

- Parmi les arbres, je vous conseille les sorbiers, les eucalyptus, les pins sylvestres ou maritimes, les cupressus, les chênes verts, l'ailante, les bouleaux, les robiniers.

- Parmi les arbustes, portez votre choix sur les buddleias ou arbres à papillons, les pérovskia, les increvables buis, les cistes, les séneçons arbustifs (Brachyglottis), les rosiers rugosa, les yuccas, le genêt d'Espagne, le lin de Nouvelle-Zélande (Phormium), les phyllirea et baguenaudiers (Colutea), les tamaris et lavatères arbustives.

- Parmi les plantes vivaces, abusez des Verbena bonariensis, des œillets, de l'Erigeron karvinskianus, des anthémis et sédums, de l'épiaire laineux (Stachys), des hélianthèmes, de l'hellébore de Corse, des valérianes, des euphorbes characias ou myrsinites, des népétas bleus, des chardons d'ornement (Eryngium) , des tisons de satan (Kniphofia), du liatris, des verges d'or (Solidago) et de la plupart des graminées comme les superbes Stipa.

Crocosmia Lucifer

- Parmi les bulbeuses pensez aux divers ails d'ornement, au lis des steppes (Eremurus), aux crocosmias dont l'étonnant 'Lucifer', aux muscaris et ipheions, aux glaïeuls et aux oxalis.

Oxalis

- Parmi les annuelles à laisser se naturaliser, portez votre choix sur le pavot de Californie (Eschscholzia), les soucis, l'alysse odorant, les giroflées, le cinéraire maritime, les vipérines (Echium), les gaillardes et Rudbeckia, la belle de nuit, la nigelle et le pourpier multicolore. Tous apprécieront le plein soleil.

Philippe Ferret