Plantes compagnes

Depuis toujours, les jardiniers ont expérimenté les meilleures associations de plantes ornementales ou potagères afin d'obtenir des récoltes abondantes et de plus beaux massifs. Par son empirisme, ce savoir est riche d'enseignements, de leçons et de promesses.

Les trois sœurs au potager

Dans la région de Toulouse, il est de coutume de faire grimper le fameux haricot grimpant Tarbais, souverain pour la confection du cassoulet, dans les tiges de maïs leur servant alors de support. Ces deux plantes issues d’Amérique du Sud sont, depuis des millénaires dans ces contrées lointaines, associées à un autre légume, la courgette. Dans la pratique on constate que la courgette plantée du côté ensoleillé protège les maïs et haricots de la sécheresse par leur épais couvert de feuilles servant d’ombrage. Bien évidemment, il convient d’attendre que les maïs soient quelque peu développés pour semer les haricots. Notez aussi la substantielle économie de place d’une telle association, efficace dans les petits jardins.

Au nom de la rose

Au pied des rosiers et des fruitiers, il est d’usage de planter de la ciboulette ou de l’ail d’ornement ainsi que des plantes aromatiques diverses et surtout des armoises (Artemisia) pour éviter les attaques de pucerons. Sur le même principe, la sarriette est employée pour éloigner, au printemps, les pucerons noirs de la fève.

Aidez la tomate

Installez, entre les pieds de vos tomates, des œillets d’Inde ou basilics qui sont réputés les garantir contre les attaques de nématodes qui s’en prennent à leurs racines. Nul doute qu’ils seraient aussi efficaces contre les anguillules s’en prenant aux grands phlox de nos plates-bandes, si sensibles à ces ravageurs quasi invisibles.

Et la vigne !

Dans les vignobles traditionnels, les paysans avaient coutume de planter, en bout des rangs de vigne, des plants de rosiers. Ainsi, ces derniers servaient d’alarme pour traiter le vignoble contre l’oïdium, les antiques rosiers étant très sensibles à cette maladie cryptogamique. De nos jours, le charme est rompu, car les traitements sont trop souvent l’objet de programmes systématiques.

Superbe piège

Autre technique éprouvée, celle de semer des capucines qui se comportent comme plantes hôtes privilégiées des pucerons noirs, épargnant ainsi les plantes du voisinage des ponctions de sève de ces prédateurs qui transmettent bien souvent, à l’occasion, de pernicieux virus. En serre ou véranda, il n’est pas rare d’être envahi de mouches blanches ou aleurodes qui volettent au moindre contact. Ceux-ci se plaisent tout particulièrement sur les plantes de la famille des solanacées, cousines des pommes de terre, telles que les daturas. Il suffit alors d’importer un petit pied d’ortie en pot qui concentrera la population indésirable. Encapuchonnez ensuite le tout dans un sac plastique puis débarrassez-vous de l’ensemble.

Cache-misère

Au jardin d’ornement, de nombreux rosiers grimpants montrent une base dégarnie et bien peu esthétique. Rien de plus facile alors pour masquer les branches basses que d’y palisser une clématite semi-herbacée, qui grimpe peu, mais demande à être guidée. Il en est ainsi de Clematis jouiniana ‘Mrs. Robert Brydon’ , Clematis heracleifolia ‘Wyevale’ ou encore de l’hybride ‘Inspiration’ à fleurs roses.

Attirer les chasseurs impénitents

Les ombellifères sont efficaces pour attirer, avec leurs fleurs plates en terrains d’atterrissage parfaits, de nombreux insectes. Il suffit d’observer les inflorescences de l’aneth, des ammi, du fenouil… pour s’en convaincre. De fait, ce sont des plantes précieuses pour attirer les insectes prédateurs de leurs congénères nuisibles. De plus, ces plantes très graphiques mettent admirablement en valeur de nombreuses autres et apporteront ainsi quelque légèreté dans vos massifs.

Vous avez dit légumes ?

Les végétaux de la famille des légumineuses ont la propriété de capter par leurs racines l’azote de l’air. Elles dopent donc ainsi tout naturellement la croissance des autres végétaux voisins ceux-ci avides d’azote. Adoptez, pour ce faire, les genêts dans les bosquets, le Galega ou « rue aux chèvres » dans les mixed-borders, les lotiers dans la rocaille ou encore le joli sainfoin dans les jardins traités au naturel.

Philippe Ferret