Le printemps est la période la plus jubilatoire pour les gastéropodes de tout acabit. Avec cette provende de jeunes pousses tendres de tous côtés, ils sortent de leur léthargie hivernale pour se régaler de nos plantes les plus précieuses. Gare au jardinier insouciant qui verra en quelques nuits ses espoirs se transformer en dentelle ou s'évanouir sous leurs féroces mandibules. Quelles sont les mœurs de ces bestioles sournoises qui choisissent la nuit tombée pour perpétrer leurs méfaits de gloutonnerie ?

Quelques chiffres éloquents :

- On estime que nos sacrés mollusques se nourrissent quotidiennement de deux fois leur poids en verdures diverses et variées. Pour les amateurs d'hostas, ces superbes plantes à feuillage, ce sont les pires parasites.
- Une simple limace grise peut devenir la grand-mère de 90 000 petits limaçons
- Les gastéropodes possèdent chacun environ 27 000 dents. Ils sévissent en déchiquetant les feuilles, laissant après leur passage le triste spectacle de trous aux bords arrondis.
- Un mètre cube de terre de jardin contient en moyenne 200 gastéropodes
- Les limaces et escargots laissent après leur passage des traces odorantes qui leur permettent de retrouver le chemin de leur abri.

La chasse est ouverte !

Ami de la nature dans sa globalité, vous aurez recours à quelques stratagèmes pour éviter toute guerre ouverte. Vous pourrez épandre tout autour des sujets à protéger un cordon dense de cendres de bois destiné à empêcher mécaniquement ces sauvages d'avancer. Ils patinent lamentablement avant de se détourner de leur but.

Favoriser la vie sauvage est également une bonne solution, du moins à la campagne. Avec un peu de chance, les prédateurs que sont les hérissons, les crapauds et grenouilles, les oiseaux et certains scarabées devraient se charger de vous en débarrasser.

Si ces précautions s'avèrent inutiles, il convient de recourir à une contre-attaque en règle. Je ne vous préconiserais pas de procéder comme une pépiniériste de mes amies ; celle-ci saucissonne les limaces (les « loches » en Vendée) tombant à sa portée d'un coup vif de sécateur. Elle doit alors se disculper en répétant qu'elle prépare la pitance de Gaston, le hérisson du voisinage. D'autres emploient des moyens indignes de la prohibition. À ras de terre, ils enfouissent un récipient empli de bière. Attirés par ce breuvage, les gastéropodes s'y noient d'ivresse.

Les amateurs de produits chimiques fourbiront quant à eux un attirail de granulés hélicides du commerce. Certains contiennent un amérisant destiné à éviter leur consommation par les autres animaux. Ayez la main légère, car une petite dose suffit.

L'arsenal biologique

Les jardiniers modernes préféreront employer la lutte biologique qui consiste à arroser les zones sensibles avec une solution contenant un nématode parasite, le cruel Phasmarhabditis hermaphrodita. Ces sortes de vers microscopiques vivent en symbiose avec des bactéries qui prolifèrent dans le corps de la victime au point de la tuer.

À vous de choisir dorénavant, selon votre philosophie, la manière d'éradiquer ces animaux qui, par la force des choses, sont des ennemis jurés des jardiniers.