Le figuier est sans conteste un des plus beaux arbres fruitiers, avec son feuillage ample, découpé et vert brillant, qui se déploie tard au printemps et se teinte d’or avant de chuter en automne. Ses nombreux fruits mûrs sont tout aussi décoratifs lorsque le soleil les teinte de vert tendre, de jaune beurre, de pourpre, de violet ou de noir. Leur rondeur et leur souplesse sont un appel irrésistible à la gourmandise et leur chair sucrée, chaude et mielleuse se fait fine confiserie. Fruits de santé, fruits de sportifs, on aime les figues juste cueillies sur l’arbre, mais aussi en entrée et dans des plats ‘sucré-salé’, des confitures parfumées, ou simplement séchés pour ensoleiller les papilles en hiver.
On le croyait réservé au paysage méditerranéen, mais en réalité, avec l’engouement pour le jardin nourricier, et l’envie de combiner les plaisirs, le figuier trouve sa place dans toutes les régions.

Un figuier pour chacun

La passion de quelques professionnels a permis un large choix de variétés adaptées à tous les palais, les climats et les espaces. On peut même les cultiver en pot, prenant ses quartiers d’hiver à l’intérieur en région froide. Le figuier permet de créer des ambiances très diverses, invitant au voyage vers le sud ou plus loin encore… Un figuier ‘bonsaï’ peut créer la surprise sur un petit balcon offrant le contraste de ses grandes feuilles sur une silhouette miniature. Ce large feuillage est d’ailleurs très utile pour sa qualité d’ombrage qui sait se faire oublier en hiver quand la lumière est appréciée. Dans un décor réduit, l’arbre peut se montrer discret lorsqu’on l’utilise de manière originale, palissé contre un mur.

Peu exigeant

Si on ajoute à tout ça que le figuier est un arbre peu exigeant, jamais malade, demandant peu de soins, résistant à la sécheresse, renaissant de sa souche après un grand froid…et que sa grande longévité (près de 300 ans) va lui permettre d’accompagner la famille sur plusieurs générations, on peut dire que l’essayer, c’est l’adopter pour longtemps !

Des figues mûres prêtes pour la dégustation

Le coach paysagiste

Réfléchissez en amont à la place et à la fonction qu’occupera le figuier dans le décor de la terrasse ou du jardin. Il est impératif de faire le bon choix de variété et de forme. Cette dernière peut être un gobelet sur tige ou une cépée à effet buissonnant.
Par la taille, il est possible de former un véritable parasol végétal qui se déploie seulement quelques mois à la belle saison, lorsque le soleil est au plus haut.
Respectez un espace vital autour du figuier afin de le valoriser tout en lui assurant le soleil et l’eau qu’il apprécie. Installez sous son couvert des petites vivaces appréciant la mi-ombre plutôt sèche ou tout simplement un paillage de graviers ou de galets.
Le figuier peut participer à créer des ambiances très diverses.
L’association avec des plantes méditerranéennes, avides de soleil, elles aussi, est une évidence toujours payante visuellement : le feuillage ample et vert foncé du premier contrastant en beauté avec les feuilles plus étroites et grisées des secondes.
Il est aussi possible dans une ambiance plus verte, plus fraîche, plus durable, de marier son large feuillage caduc avec des buissons et des grimpantes à petites feuilles décoratives toute l’année.
Accentuez son exotisme naturel en installant à proximité (pas trop près, car elles ont besoin d’eau !) des fleurs de l’été évoquant d’autres contrées. N’hésitez pas à le marier à des teintes vives comme le rouge, l’orangé, le jaune, le bleu pur que son vert tempèrera agréablement.
Évidemment, le figuier a une place de choix dans un ‘jardin-verger’ ou une petite terrasse gourmande où beauté rime avec facilité, générosité et plaisir des sens…
Si vous le cultivez en pot, choisissez une potée large et solide car ses racines sont puissantes. Il mérite un matériau de choix, s’accordant à son côté à la fois très nature et séculaire. Une belle caisse de bois, type orangerie ou un large contenant en fibre de terre conviennent parfaitement. Si vous devez différer l’achat du pot, masquez le conteneur en plastique avec un cache pot éphémère en toile de jute, en osier ou en brande de bruyère.

Les feuilles du figuier sont très décoratives

Les plantes compagnes

Avec des exotiques à floraison estivale : agapanthe, arums colorés, callistemon, hibiscus, lantana

Avec des méditerranéennes : agrumes, lavande, olivier, romarin, thym

Avec des vivaces d’ombre sèche : Aegopodion panaché, cyclamen, lamium, Phyllitis scolopendrium, Vinca

Avec des silhouettes du désert : agave, aloes, cordyline, phormium, yucca...

Avec des feuillages vert foncé persistants : buis, clématite persistante, jasmin, lierre à petites feuilles, Trachelospermum (jasmin étoilé)…

Avec d’autres fruitiers généreux et faciles à vivre : abricotier, cognassier, plaqueminier, noisetier vert ou pourpre…

Ficus carica, figuier à fruits

Conseils-clés pour jardinier pressé

Selon que vous le cultiverez en pleine terre ou en bac, voici les conseils les plus importants :

En Pleine Terre

1. Soleil à gogo, sol fertile, profond et parfaitement drainé, de la place autour de lui
2. 1er été (et parfois deuxième) : arroser copieusement régulièrement et pailler
3. Apport d’engrais riche en potasse au printemps

En pot

1. Dans un grand pot, avec une bonne couche de drainage
2. Arroser régulièrement et fertiliser chaque mois toute la belle saison
3. Rentrer la potée hors-gel (pièce non chauffée) dès que la température passe sous les -5 °C.
4. Rempoter tous les 3-4 ans

Pas à pas, les conseils du coach jardinier

De bons débuts

Hormis en climat doux ou tempéré où il est possible de les planter aussi en automne, préférez une installation printanière (mars à avril).
Offrez-lui un emplacement le plus ensoleillé possible et abrité des courants d’air froids. Pour une récolte optimale, le figuier apprécie les étés chauds et secs. En région froide, placez-le près d’un mur exposé plein sud ou sud-ouest, qui lui restituera la chaleur accumulée la journée. Evitez de le placer contre un vieux mur. Ses racines risquent de s’y glisser…
Respectez un espace vital de 4 m au moins avec d’autres arbres (jusqu’à 10 m si la variété est à grand développement).
Il préfère un sol léger, profond, fertile, très bien drainé mais restant un peu frais en été. Il apprécie un peu de calcaire mais réussit bien en sol acide.
Ameublissez la terre sur au moins un volume de trois fois la motte et apportez un amendement organique. Paillez pour réduite les arrosages et faciliter la reprise.

Les feuilles du figuier sont très décoratives

Ensuite

Le figuier peut vivre dans des conditions difficiles, il pousse alors plus lentement, a une vigueur et une production diminuées. Le premier été surtout s’il est sec, arrosez régulièrement et copieusement car les racines sont profondes. Les étés suivants, n’arrosez que s’il fait sec afin d’aider au grossissement des figues.
Pendant l’hiver, si les températures passent sous les -15°C, la partie aérienne peut geler. Mais la plante repart de la souche au printemps. Si les gelées sont tardives au printemps, la production de figues fleurs est compromise pour les variétés bifères.
Fertilisez au printemps à l’aplomb de la ramure avec un engrais riche en potasse (K). Un engrais trop azoté favorise le feuillage au détriment des fruits.
Le figuier peu sensible aux maladies et aux parasites ne nécessite pas de traitement.
La taille : inutile de tailler sauf pour limiter l’encombrement ou supprimer une pousse nuisant l’harmonie de la forme. Le figuier pousse naturellement en cépée (plusieurs charpentières) ce qui facilite la récolte sur un arbre plus bas. Mais on peut le former sur un tronc unique, ce qui prend moins de place au sol, en supprimant régulièrement les rejets superflus. Il faut tailler au début du printemps avant la montée de sève car le figuier cicatrise mal. Cette taille supprime la production de figues fleurs des variétés bifères qui ne produisent alors plus qu’une fois en fin d’été sur le bois de l’année.

Culture en bac

Le contenant doit être de belle taille, au moins 40 cm de profondeur muni d’un ou plusieurs trous de drainage. Pas de réserve d’eau !
Choisissez un substrat fertile et allégé avec de la perlite ou du sable grossier. Arrosez copieusement régulièrement toute la belle saison. Apportez mensuellement un engrais riche en potasse d’avril à septembre.

En hiver, en région froide, rentrez le pot hors-gel. Ailleurs, contentez-vous de le rapprocher de l’habitation et d’envelopper la potée avec un voile d’hivernage.

Texte et crédits photos : Colour your life