À la fois décoratives sur leur treillage ou tonnelle, apportant un bel ombrage et donnant des fruits savoureux, les plantes grimpantes fruitières sont un bel atout pour le jardin. Parmi elles, la vigne et ses grappes sucrées et juteuses, l’actinidia et ses kiwis pleins de vitamines, les délicates framboises et les mûres plus sauvages. Une bonne taille pour leur permettre de donner le meilleur d’elles-mêmes, quelques gestes adaptés à chacune, et vous pourrez vous régaler de nombreuses et abondantes récoltes !

Entretien des plantes grimpantes fruitières

La taille des plantes grimpantes fruitières

Tailler une vigne grimpante

La vigne se taille 4 fois dans l’année : au mois de février-mars, en mai-juin, une fois que la floraison est terminée, puis pendant l’hiver. Mais lorsqu’elle est traitée en grimpante, son traitement est légèrement différent et moins “pointu”.

  • La taille de fin d’hiver est importante car c’est par elle que l’on prépare les futures pousses fruitières. Évitez les périodes de gelées. Il faut tailler les rameaux latéraux au-dessus du 2ème ou du 3ème bourgeon (le premier ne produisant généralement pas de fruits), afin de concentrer la sève sur les bourgeons proches d’une branche charpentière. Ce sont les rameaux issus de ces bourgeons qui porteront les fruits.
  • Durant la nouaison (lorsque les fleurs se transforment en grains), en juillet, on éclaircit les grappes en supprimant les futurs grains du centre. Il est conseillé de supprimer les rameaux les plus chétifs, ceux qui poussent à l’aisselle des branches principales (les entre-cœurs) ainsi que les branches mortes. On ne garde généralement pas plus de 5 grappes par rameau.
  • En hiver, il est temps de supprimer les branches qui se sont développées sur les rameaux ayant porté des fruits. C’est la première branche, non fructifère, qui va porter les 2 à 3 bourgeons qui donneront des fruits (sauf le premier, encore une fois).

Les feuilles placées au-dessus des grappes peuvent être ôtées lorsque les grains sont bien développés, pour que les fruits soient exposés au soleil et pour éviter que de l’humidité stagne qui pourrait favoriser des maladies.

Tailler l’actinidia

La taille du kiwi se réalise en hiver, mais il faut attendre que l’arbuste ait déjà fructifié une fois pour commencer à tailler. Une fois les fruits récoltés, les rameaux secondaires sont rabattus à 50 cm de longueur ou à 3 à 4 yeux après le dernier fruit qui a été porté l’année précédente. et les gourmands supprimés. Pour obtenir des fruits plus gros, les rameaux peuvent être raccourcis en début d’été de manière à ne garder que 2 ou 3 grappes. Il est préférable que la végétation ne soit pas trop abondante, les fleurs ont besoin d’être fécondées par les abeilles pour donner des fruits.

Tailler le framboisier

Le framboisier fructifie sur les rameaux de l’année, donc palissez les jeunes rameaux et supprimez les autres, qui ont fructifié l’année précédente. Cela peut être fait soit après la récolte, soit en fin d’hiver, mais les variétés non remontantes sont plutôt taillées juste après la récolte, alors que les remontantes sont taillées en hiver. Pour ces dernières, les rameaux ayant porté des fruits en juillet sont coupés à ras du sol, alors que ceux qui ont donné des fruits en automne sont juste rabattus à une trentaine de centimètres.

Tailler le mûrier sauvage

C’est sur les rameaux de l’année précédente que fructifie le mûrier. Passé la première année, il faut nettoyer tous les rameaux et tiges morts, supprimer ceux qui ont porté des fruits l’année précédente (les années suivantes vous pourrez les couper tout de suite après la récolte pour plus de facilité) et les rejets les plus faibles. Les rameaux secondaires sont rabattus d’une vingtaine de centimètres. L’opération se réalise en février-mars.

Soigner les plantes grimpantes fruitières

Entretenir la vigne

La vigne a besoin d’apports d’eau durant l’été, de 2 à 3 par semaine en fonction du temps. Pour protéger vos grappes, vous pouvez les mettre en sachets de papier kraft, les isolant ainsi de la convoitise des guêpes, mais aussi pour éviter qu’elles ne soient atteintes par des maladies ou par le ver de la grappe. Le soufre est très efficace pour lutter contre la pyrale de la vigne.
Elle s’accroche à son support grâce à ses vrilles, mais il faut quand même attacher le rameau le plus haut pour soutenir le poids de l’ensemble et le guider.

Entretenir l’actinidia

Le kiwi doit être palissé sur un support solide, ses lianes portant de très nombreux fruits. Ces lianes sont guidées au départ et attachées, par la suite elles se débrouilleront seules.
Les arrosages sont nécessaires durant la belle saison, particulièrement du printemps au mois de juillet puis en août et septembre pour conserver un sol frais, et des binages réguliers (et superficiels car l’actinidia possède un système racinaire peu profond) améliorent encore cette fraicheur. Planté en région froide, un paillage épais sera très utile l’hiver. Les kiwis se récoltent entre la fin de l’été et l’automne et peuvent être conservés au frais et au sec durant environ 3 mois. Peu sensibles aux maladies, attention par contre à la chlorose qui peut les atteindre dans un sol trop compact et calcaire, il faudra à ce moment là les déplacer ou bien leur apporter du chélate de fer.

Entretenir le framboisier

Pour éviter un enchevêtrement de rameaux qui rendrait la production moindre, il est nécessaire de palisser le framboisier. Il existe diverses méthodes, par exemple en arcure à plat, à la hollandaise ou encore sur échalas ou sur un grillage.
Le framboisier a besoin d’un sol qui reste propre, il n’apprécie pas trop la concurrence, principalement celle des graminées au début de son développement. Un paillage bien épais le protégera de la déshydratation en été, associé à des arrosages réguliers.
Attention aux vers des framboises, installez des filets ou pulvérisez une infusion de tanaisie ou à base de pyrèthre contre l’attaque de ces coléoptères. Les filets protégeront aussi les fruits contre la gourmandise des oiseaux. Le framboisier est également sensible à l’anthracnose, à la rouille, au botrytis et à l’oïdium

Entretenir le mûrier sauvage

Les rameaux de mûrier sauvage peuvent mesurer jusqu’à 4 mètres de hauteur, il faut donc le palisser pour mieux contrôler sa croissance et pour plus de facilité à la récolte ! Également pour maîtriser ce développement, il est conseillé d’arracher au fur et à mesure les drageons et de palisser tout de suite les rameaux à conserver pour éviter qu’ils ne marcottent. Un paillage épais placé avant l’été maintiendra un sol assez frais. Il craint également le ver des framboises (voir ci-dessus).

Nourrir les plantes grimpantes fruitières

Plante gourmande, la vigne nécessitera au apport de compost avant l’hiver. La végétation vigoureuse et la production abondante de l’actinidia réclament un bon engrais pour arbres fruitiers, à apporter au tout début du printemps ou en automne, en alternance avec un fertilisant organique. Le framboisier appréciera lui aussi un apport de compost au printemps, et le mûrier sauvage, communément appelé ronce, pourra bénéficier d’un paillage de matières organiques décomposées à l’automne.