Un jardin génère une quantité impressionnante de déchets, surtout si l'on est du genre à concevoir un jardin "tiré à quatre épingles", c'est-à-dire toujours dûment toiletté et manucuré. Toute cette matière organique est parfois évacuée avec les ordures ménagères et c'est bien dommage...

L'art du recyclage des déchets

Avec un peu d'organisation et de place, vous serez à même de transformer vos déchets encombrants en une véritable matière première riche et tonifiante, un humus idéal pour régénérer vos plantes, ceci en faisant de substantielles économies sur vos achats de compost et autres terreaux du commerce.
Si vous avez de la place commencez par réserver un coin du jardin à cette activité. Deux emplacements accolés de 1,50 m au carré seront nécessaires pour une bonne efficacité. De simples palettes de récupération habillées de planches suffiront à délimiter vos deux "cases à compost" qui vous serviront en alternance. Les parois ne doivent pas être trop étanche, mais laisser passer une peu d'air. Si vous ne disposez pas de place, investissez dans un silo à compost Garden Gourmet, bien moins encombrant.

Il n'y a pas une seule recette pour faire son compost, mais voici la mienne qui a fait ses preuves. Les déchets d'origine végétale se classent en deux catégories distinctes. Les déchets "secs", composés de parties ligneuses (bois, rameaux ou feuilles mortes) et les déchets "humides" composés par les éléments encore verts. Dans cette dernière catégorie on compte les tontes de gazon, les déchets de taille "en vert", les mauvaises herbes issues du désherbage, les épluchures ménagères... Un bon rapport entre les composants de ces deux catégories est essentiel pour réussir un bon compost qui sera d'autant plus disponible rapidement si vous avez, au préalable, broyé tous ces éléments. C'est particulièrement évident en ce qui concerne les déchets dits "secs" pour lesquels un broyeur électrique n'est pas inutile. Il permet également de réduire considérablement le volume traité ce qui n'est pas négligeable dans les petits jardins.

Dans la pratique

Parmi les clés du succès, la première consiste à n'employer que des matériaux qui n'ont pas été récemment traités avec des produits chimiques (désherbants ou traitement phytosanitaire), ni porteurs de germes pathogènes. De même, évitez les racines coriaces comme le chiendent, le liseron, ou bien les parties malades de végétaux ou encore les tiges porteuses de graines. En théorie, un compost bien mené arrive à une température telle que la plupart de ses éléments sont aseptisés mais dans la pratique, surtout si vous êtes débutant, c'est autre affaire et mieux vaut être prudent.

Empilez en couches successives vos déchets verts qui ne devront pas dépasser la proportion d'un vingtième par rapport au volume de déchets "secs", plus riches en carbone. Pensez à arroser à chaque apport d'une nouvelle couche. D'aucun humidifient régulièrement leur compost avec un produit activateur qui réduit efficacement la durée du compostage. Lorsque votre tas atteint 1,20 m, coiffez-le d'une couche de terre puis recouvrez le tout avec des cartons pour maintenir de tout au frais et permettre ainsi une forte montée en température, signe de bonne fermentation.

Quelques mois plus tard, procédez au retournement de votre tas, ceci dans la seconde case à compost (vous pourrez alors débuter un nouveau tas dans le première). Mélangez intimement les ingrédients et les strates pour parfaire la fin de la fermentation. Arrosez à nouveau puis recouvrez. Vous n'aurez guère à attendre alors pour obtenir une matière organique de belle couleur et au fumet appétissant. Les odeurs pestilentielles sont en effet la preuve manifeste d'une mauvaise technique. Un bon humus se "déguste" à l'odorat, la vue et le toucher. Il est souple et de belle couleur sombre. Il fait la fierté de tout bon jardinier.

Philippe Ferret