Brûler pour prévenir les maladies

Les maladies de nos végétaux sont très, trop facilement transmissibles. Survivant dans le sol, se dispersant dans l’air ou contaminant par contact, elles reviennent d’une année sur l’autre et perturbent, voire anéantissent un potager, abîment les massifs ornementaux. Plus ou moins faciles à éradiquer, il n’en reste pas moins quelques parties atteintes qu’il faut couper, et détruire pour une meilleure prévention.

Végétaux malades et destruction

Maladies cryptogamiques

Les maladies dues à des champignons sont parmi les plus fréquentes au jardin, et malheureusement, lorsque ces champignons sont dans la terre après la mort du végétal ou de certaines de ses parties, ils sont capables d’y rester, survivant à l’hiver et prêts à contaminer à nouveau dès les bonnes conditions revenues.
Le mildiou poudreux apprécie la fraîcheur et un fort taux d’humidité. Les champignons causes de cette maladie attaquent de nombreuses plantes ornementales. Il faut détruire les tiges et feuilles touchées.
La rouille, également provoquée par des champignons, peut aussi bien être transportée par le vent, que causée par le contact (direct ou non) avec une autre plante contaminée, par contre les rouilles ne survivent pas sur des tissus morts. Cela dit, pour éviter toute contamination “immédiate”, il est préférable de couper et brûler les parties atteintes.
L’oïdium nécessite aussi de supprimer par le feu les feuilles, tiges, boutons floraux atteints.
Les maladies les plus mortelles pour les végétaux, comme le pourridié des racines, demandent une réaction rapide et définitive, la plante doit être arrachée et détruite par le feu.

Les virus

Les maladies virales, la jaunisse ou la mosaÏque par exemple, généralement transportées par les insectes, sont difficilement éradiquables sans supprimer les parties atteintes des plantes.

Comment brûler les végétaux ?

Un bon moyen de brûler tous ces déchets est de le faire dans un incinérateur. Celui-ci évacue en effet le risque que les flammes touchent un autre végétal et se dispersent, et la chaleur produite dans le corps du récipient est très élevée, vous obtenez donc à la fin de la combustion une cendre très fine, que vous pourrez utiliser (sans excès) dans votre jardin. La quantité de fumée est également moindre, diminuant les risques de gêne pour le voisinage.

Jeter au compost ?

Les champignons et les bactéries responsables des maladies peuvent normalement être détruits lors du compostage des végétaux, mais il est nécessaire que la température monte suffisamment : 50° minimum, et que cette haute température dure plusieurs jours. Mais à moins de pouvoir être sûr que ces conditions seront réunies, il est préférable de détruire par le feu vos végétaux malades, ou bien de les amener à votre déchetterie.

Rappel de la réglementation sur le brûlage des déchets verts

Le brûlage à l’air libre des végétaux est interdit, hormis les zones où il n’existe pas de système de collecte ou de déchèteries, par une circulaire émanant des ministères de l’Environnement, de la Santé, de l’Aménagement des territoires datant du 18 novembre 2011. Cependant, les préfets ont généralement le pouvoir de déroger à cette règle, permettant ainsi un assouplissement en dehors de certaines conditions particulières, épisodes de pollution, zones urbaines ou sensibles. Ceci est à vérifier auprès de votre mairie.

Sous autorisation préfectorale, et dans les zones autorisées, il y a quelques règles à suivre :

  • Les végétaux brûlés doivent être secs,
  • Le vent doit être faible, moins de 20 km/h,
  • Ne pas être près des habitations et de végétaux ou matières inflammables,
  • Respecter des horaires : de 11h00 à 15h30 entre décembre et février, de 10h à 16h30 le reste de l’année.