Même si le bambou ne vient pas d’Europe, il s’y est très bien acclimaté en deux siècles. Aujourd’hui, il pousse tellement bien qu’il peut en devenir envahissant. Apprivoiser le bambou, c’est contenir son envie d’expansion et lui donner une place de choix dans son jardin : du brise-vent au couvre-sol en passant par les haies, les massifs, les bosquets, et par le petit bambou en pot pour l’intérieur.

bambou

Toutes les tailles pour tous les plaisirs

Il y a deux cents ans, l’Europe était le seul continent qui ne comptait pas de bambous dans sa végétation. Aujourd’hui, le bambou apporte sa touche d’exotisme dans tous les jardins de France. Haie, massif, bordure, bosquet, sujet isolé, pot… Grâce à ses quatre catégories de taille : nain, petit, moyen ou géant, le bambou peut remplir tous les rôles.

Chaumes et feuilles décoratives

Les variétés de bambous offrent un grand choix de couleur pour le jardinier. Que ce soit dans ses chaumes (tiges ligneuses) : jaunes, vertes, rouges, noires, unies ou striées, ou dans ses feuilles : fines, larges, courtes, longues, jaunes à vert foncé, unies ou panachées de crème. A cela s’ajoutent toutes les tailles et toutes les possibilités d’utilisation : le bambou idéal existe pour tous.

Une plante facile à satisfaire

Soleil, ombre ou mi-ombre, les bambous s’adaptent à toutes les expositions. Certaines espèces ont des préférences, mais leurs qualités ornementales ne seront pas affectées si ces préférences ne sont pas suivies à la lettre. En ce qui concerne le sol, les exigences du bambou sont claires : humide, bien drainé, neutre ou acide, mais surtout pas calcaire.
Le bambou est à planter avant le développement de ses pousses (ou turions) sur le rhizome (système racinaire à réserve). On privilégiera donc le début du printemps, époque où la plante est gorgée de réserve et est prête à s’installer. Le début de l’automne est aussi une période propice : la terre réchauffée par le soleil d’été devient le lieu d’accueil idéal à un bambou prêt à se développer.

Un gros buveur

Le bambou adore l’eau. Il vient de régions tropicales où les pluies tombent en abondance. Il faut lui donner son content d’eau au printemps et en été, surtout en bac. Attention à ne pas détremper la terre, le bambou n’aimerait pas ça. Les systèmes d’arrosage aux gouttes à gouttes peuvent se révéler efficace et salutaire pour éviter que cela ne devienne une corvée. L’idéal du bambou ? Planté au bord d’un point d’eau. Le bambou pleureur, Fargesia murielae, y est du plus bel effet.

Très chaud mais pas trop froid

Parce qu’il vient de pays chauds, les canicules ne lui font pas peur. Et parce qu’il habite sous nos latitudes depuis 1800, il est habitué aux froids. Certaines espèces très rustiques supportent même des hivers à -25°C. Les jeunes pousses doivent être protégées en hiver : un paillage à leur pied et un voile protecteur sur toute leur partie aérienne les aidera à passer la saison.
Le bambou craint surtout les gels forts et prolongés, car l’eau ne leur est alors plus disponible. Pour remédier à cette sécheresse hivernale : un paillis épais de feuilles mortes et de branchages à son pied dès la fin de l’automne.

Grandit vite, très vite, trop vite ?

Grâce à ses rhizomes traçants, le bambou peut pousser et s’étendre très rapidement, le Phyllostachys elegans peut grandir d’1m par jour ! Cette plante a aussi besoin d’espace, il faut prévoir large lors de sa plantation. Pour les petits jardins ou la culture en pots, il existe des bambous peu ou pas envahissants.
Le bambou peut vite devenir envahissant si des précautions ne sont pas prises : barrière anti-rhizomes et tailles. Ainsi, guidés par la barrière, les rhizomes sortent tôt de terre et il ne reste plus qu’à les couper.
La taille densifie le feuillage et équilibre le port, elle s’effectue lorsque les jeunes pousses ont terminé leur croissance et que les premières feuilles se développent. En hiver, les tiges abîmées des espèces de plus de 3 m sont à supprimer à la hache ou à la scie à métaux. A la fin de l’hiver, les bambous nains sont à faucher sans hésiter au ras du sol (tous les deux ans), ils en ressortiront plus beaux et plus fournis.

Un bambou malade ?

Les principaux ennemis du bambou sont les carences : le manque d’eau et l’épuisement de certains éléments nutritifs dans son sol. C’est pourquoi, un apport de fumier de cheval ou de bovin ou de l’engrais gazon deux fois par an, en septembre et en février, est le bienvenu. L’excès d’eau est aussi très mal vécu par le bambou qui, affaibli, se voit envahi par les pucerons noirs ou verts. Ceux-ci entrainent l’apparition d’un champignon noir, la fumagine. La bouillie bordelaise, utilisée en respectant les dosages, en débarrasseront le bambou. Les cochenilles farineuses, petites pustules blanches, les acariens dont l’araignée rouge qui décolore les feuilles, peuvent aussi être de la partie. Les coccinelles régleront le problème.

Un peu de botanique et d’histoire

De la famille des Graminées (céréales et herbes), le bambou appartient à la sous-famille des Bambusoidae qui compte environ 90 genres dont plus de 1500 espèces. Cette graminée ligneuse est, dans ses pays d’origine (Chine, Japon, Chili, Argentine), une plante multi usage : ses jeunes pousses sont comestibles, ses chaumes sont utilisées dans la construction (échafaudage, tuyau, clôture) et dans la confection d’objets de la vie courante (cannes, bol, pot, plateau…). On s’en sert aussi pour écrire et se chauffer… Le bambou a aidé des civilisations à se construire !

CARACTÉRISTIQUES
Hauteur à maturité : 3-4 m
Origine : Japon
Rusticité : rustique
Exposition : soleil, mi-ombre
Utilisation en jardin : massif, haie, isolé, bac
Utilisation pour la maison : terrasse, balcon
Couleur feuille : vert
Feuillage : persistant
Niveau de soin : facile
Utilisation : jardin
Couleur d'écorce ou chaumes : jaune
Période de plantation : Toute l'année hors période de gel