Dossier

Au mitant de l'année, le jardinier "potagiste" ne lèvera pas la garde afin de s'assurer de belles récoltes de fin d'été et d'automne.

Lutter contre les maladies

La propagation des maladies se fait beaucoup par l'arrosage, en particulier pour les tomates.
1- Évitez donc l'aspersion par oscillants ou tourniquets divers de tout le potager pour préférer les équipements goutte à goutte ou l'arrosage au pied, au goulot. Ainsi, les spores tombées à terre ou enfouies de l'année passée ne seront pas projetées sur les feuilles basses. Vous pouvez aussi supprimer préventivement les feuilles de la base des pieds de tomate.
2- Autre astuce, recourez aux paillis qui amortiront tout risque de projection. En cela les tontes de pelouse (non traitée bien sûr) et appliquées par petites couches successives – elles doivent sécher avant tout apport supplémentaire – offrent un matériau gratuit et de choix. Sinon appliquez des paillis poreux et non des cosses de cacao qui se compactent.
3- Vous pouvez aussi endurcir préventivement l'épiderme des plantes avec des pulvérisations sur les feuilles de silice sous forme de décoction de prêle. Ainsi, vous ferez barrage au développement des maladies cryptogamiques (champignons).

Fertiliser

4- Des plantes en bonne santé sont d'autant plus résistantes aux maladies et surtout aux insectes opportunistes. Apportez à vos légumes des rasades de jus de compost ou bien du purin de consoude afin de les doper naturellement. Faites ces apports tous les quinze jours, sans excès, sur terre fraîche et par arrosage au goulot.

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Prévoir

Protégez les légumes de tout risque de pourriture.
5- Ainsi, paillez les planches de fraisiers avec un tapis d'aiguilles de pin qui rehausseront la saveur des fruits, de paille ou de broyat.
6- Pour les cucurbitacées en formation et les précieux melons, posez-les sur une brique ou une tuile emmagasinant la chaleur, ou à défaut une planchette. De fait, les fruits ne seront pas souillés ni contaminés par les projections de terre.

Protéger

7- Contre les insectes volants qui cherchent à pondre sur vos cultures, tendez au-dessus des voiles légers de protection. Ainsi, les papillons inféodés ne pondront pas d'œuf de piéride sur les choux, de ver de la carotte.
8- Pour leurrer la teigne du poireau, piquez sur des bambous courts, verticaux et tous les 40 cm, des carrés de polystyrène blanc pur. En fait, la ponte est patente sur les parties les plus blanches des alentours.

Surveiller

9- Vérifiez l'état de la terre qui ne doit pas se craqueler. Usez de la binette ou du sarcloir pour la maintenir meuble et aérée à défaut de paillis. Les apports d'eau n'en seront que plus efficaces. Surveillez également la solidité des tuteurs et autres palissages avant que ne surviennent des orages violents.

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Ombrer

10- Les jeunes plantes fraîchement repiquées peuvent souffrir aisément de coups de soleil. Aussi, privilégiez les plantations du soir et disposez sur les plants les plus tendres comme les salades, des cageots renversés ou des voiles en intissés, le temps de leur reprise. Au besoin, fichez en terre, verticalement, des branchages issus d'une haie taillée afin de créer une ombre salutaire.

Arroser

11- Préférez les arrosages du matin pour les plantes sensibles à l'oïdium. Ainsi leur feuillage séchera rapidement, contrariant ainsi la propagation des spores de champignons pathogènes. Arrosez peu souvent, mais d'abondance, pour inciter les plantes à aller chercher l'eau en profondeur et ainsi être plus autonomes et robustes grâce à un réseau puissant de racines.

Traquer les insectes et maladies

12- Prises à temps, les attaques seront bien souvent "tuées dans l'œuf". Ainsi, une visite quotidienne de vos cultures couplée à une observation soutenue est le meilleur gage de santé du potager.
En épointant une tige ou en douchant vigoureusement une plante nouvellement devenue cible de pucerons, vous empêcherez leur multiplication. De même pour les maladies. Il suffit parfois de sacrifier la première feuille atteinte pour limiter l'extension des dégâts. N'attendez surtout pas que soit atteint le seuil de nuisibilité fatidique, plus difficilement réversible. Il en va de même pour les doryphores à déceler et capturer dès leur apparition. Vous éviterez ainsi de recourir à des moyens plus radicaux.

Philippe Ferret